Les étudiants flamands en colère contre le ministre Ben Weyts: "Nous sommes totalement ignorés"

Les étudiants des universités et hautes écoles flamandes ont lancé une pétition en ligne baptisée #geefonseenstem ("Donnez-nous une voix") pour dénoncer le peu de considération des autorités face aux nombreuses difficultés qu’ils vivent depuis le début de la crise sanitaire. Au micro de la VRT, ils témoignent de stresse intense, de problèmes financiers ou encore de difficultés à étudier. Ils dénoncent aussi le silence du ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts (N-VA), dont ils n’ont rien entendu depuis des semaines. "Nous sommes livrés à nous-mêmes", déplorent-ils.

L’insatisfaction des étudiants flamands était déjà palpable depuis un certain temps sur les réseaux sociaux. Ces dernières semaines, nombre d’entre eux ont témoigné sur Twitter ou Facebook des difficultés qu’ils vivent actuellement. Les étudiants se sentent seuls et insuffisamment soutenus dans cette crise, alors que la période des examens a, pour certains, déjà débuté.

"Donnez-nous une voix"

Il y a deux semaine, certains étudiants se sont coordonnés pour lancer une pétition baptisée #geefonseenstem ("Donnez-nous une voix"). Quelque 23.000 jeunes l’ont depuis signée.

"Cette pétition était nécessaire, car de nombreux étudiants sentaient qu’ils n’étaient pas entendus. Nous n’entendons pas notre voix raisonner au Parlement. Nous ne sommes pas concernés par les mesures. C’est pourquoi on a voulu faire se faire entendre", explique Inas Djelloul, l’une des initiatrices de la pétition.

En colère contre Ben Weyts

Dans leurs différentes témoignages au micro de la VRT, les étudiants ont exprimé une profonde insatisfaction envers le ministre flamand de l’Enseignement. "C’est hallucinant, à quel point cet homme nous nie depuis des mois", dénonce l’une des signataires. "23.000 personnes ont signé cette pétition, et il ne prend même pas la peine de réagir, pas même en tweetant quelque chose, juste pour dire ‘nous allons voir ce qu’on peut faire’. C’est le silence radio".

"Lorsque Ben Weyts passe à la télé, il parle toujours des maternelles ou des primaires. C’est évidemment aussi important, mais pourquoi devons-nous nous débrouiller seuls ? Pourquoi sommes-nous ignorés ?", se demande une autre étudiante.

Gestion financière et crises d’angoisse

Lors des différents entretiens menés, l’équipe de la VRT a pu constater que les étudiants subissaient une forte pression mentale depuis le début de la crise. "Chaque fois que je regarde ma liste des choses à faire, ce que je dois encore faire pour l’école, je panique totalement", raconte l’une des intervenantes. "J’ai eu des crises d’angoisse… Quelque chose que je n’avais jamais vécu dans ma vie. C’était tout simplement effrayant, je ne pouvais pas m’arrêter d’hyperventiler et de pleurer. J’étais à bout".

"Par moments je me suis senti très mal, à tel point que mes parents ont eux-mêmes tiré la sonnette d’alarme", témoigne de son côté le jeune Elias. "J’ai parfois l’impression d’entrer en dépression" admet une autre étudiante.

Pour beaucoup de ces jeunes, l’argent pose également un sérieux souci. "Il y a des étudiants comme moi qui doivent payer eux-mêmes leurs études et tous les coûts qui y sont liés", indique Steffi, qui travaillait depuis 5 ans dans un établissement de restauration fastfood. "Comment suis-je censée tenir le cap et payer tout ça ? Je ne peux pas sortir 445 euros par mois sans revenus !", dénonce-t-elle. "C’est sans issue pour le moment. Il n’y a aucun fonds prévu pour nous, on ne peut s’adresser à personne. L’école nous conseille d’aller au CPAS, mais ce n’est pas une solution à court terme".

Plus de reconnaissance et de considération

Par l’intermédiaire de la pétition en ligne, les étudiants demandent notamment davantage de reconnaissance pour les difficultés qu’ils vivent. Ils veulent aussi que les autorités portent plus d’attention à leur bien-être mental et que des solutions soient trouvées pour répondre à leurs problèmes financiers. Les étudiants demandent aussi davantage de clarté quant à leur avenir.

Le ministre réagit

"Je comprends les étudiants, et c'est justement pour cela que je concerte quasi toutes les semaines leurs représentants officiels. Les unions estudiantines représentent près de 300.000 étudiants, et c'est avec eux que je travaille sur des solutions concrètes", a réagi Ben Weyts au micro de la VRT.

Quant à son absence de communication dans les médias, le ministre de l'Enseignement se justifie: "c'est toujours difficile de faire en sorte que tout le monde soit satisfait. Certains critiquent le fait que je ne communique pas assez, d'autres que je communique trop... Mais je comprends, les circonstances sont difficiles, et j'essaie tout simplement de travailler avec les associations d'étudiants, parfois sans fanfare, mais en aboutissant à des solutions concrètes", conclut Ben Weyts. 

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