La plus longue séquestration contre rançon en Belgique

La séquestration de 42 jours d'un garçon de 13 ans, domicilié à Genk (Limbourg), assortie d'une demande de grosse rançon est la plus longue du genre dans l'histoire de la Belgique. La séquestration d'Anthony De Clerck (11 ans à l’époque), enlevé le 4 février 1992, et libéré en échange du paiement d'une rançon de 6 millions d'euros avait duré 32 jours. Entretemps, l’implication présumée dans l’enlèvement de l’adolescent de 13 ans d’islamistes extrémistes connus en Belgique soulève des questions. La ministre flamande Zuhal Demir a critiqué une décision de la justice concernant Khalid Bouloudo (photo, à g.), le principal suspect.

L'enlèvement du jeune garçon de Genk a pris fin lundi, peu après-minuit, au terme de 42 jours de détention. Relâché à Genk par ses ravisseurs, après y avoir été ramené en voiture, celui-ci est rentré chez lui à pied. Il semblerait qu’il ait été séquestré dans trois endroits différents et qu’il n’ait pas été maltraité pendant sa détention, alors que son enlèvement avait lui été commis avec violence.

Le montant de la rançon exigée par les ravisseurs n’a pas été révélé par le parquet. Certaines sources parlent du paiement d’un montant de 330.000 euros. Les perquisitions qui ont suivi la libération de l’adolescent - quatre à Anvers et douze en Limbourg - ont permis d’interpeller sept suspects. Six d’entre eux ont été arrêtés. Parmi eux figure Khalid Bouloudo (45 ans) de Maaseik, un des islamistes extrémistes les plus connus du pays. Il a déjà fait l'objet d'une condamnation à trois ans de prison avec sursis pour avoir recruté des jeunes combattants pour l'Etat islamique en Syrie.

Rançons payées pour Anthony De Clerck et Paul Vanden Boeynants

L’enlèvement d'Anthony De Clerck (photo), en 1992 à l’âge de 11 ans, avait tenu le pays en haleine et dura 32 jours. Soit un peu moins longtemps que la séquestration du jeune Limbourgeois. Le petit-fils de Roger De Clerck, fondateur de l’empire du textile Beaulieu, fut enlevé près de son domicile par deux hommes en voiture. Ses ravisseurs exigeaient l’équivalent de plus de 6 millions d’euros, que la famille a payé.

Il fut séquestré dans le village wallon d’Engreux puis finalement libéré à Massenhove, où il sonna à la porte d’une maison et demanda à pouvoir appeler ses parents. Les ravisseurs furent arrêtés et jugés en 1994, écopant de la prison à vie.

Autre enlèvement lié à l'exigence d'une rançon : celui de l'ex-Premier ministre Paul Vanden Boeynants (photo), en 1989. Ses ravisseurs - la bande formée par Patrick Haemers et ses complices Kaplan Murat, Philippe Lacroix et Marc Van Dam - avaient exigé et obtenu un peu plus d'1,5 million d'euros (63 millions de francs belges) en échange de sa libération. Elle avait eu lieu au terme de 30 jours de séquestration.

Même s’ils n’avaient pas été liés à une demande de rançon, les enlèvements d'enfants perpétrés par le pédophile Marc Dutroux ne peuvent être oubliés. Mi-1996, Sabine Dardenne (12 ans à l’époque - photo) a pu être libérée de la cave de Dutroux où elle avait été maintenue en captivité pendant 80 jours, tout comme Laetitia Delhez (14 ans), qui avait séjourné dans cette même cave pendant 6 jours.

Les petites Julie Lejeune et Mélissa Russo, An Marchal et Eefje Lambrecks n'ont pas eu la chance de sortir vivantes des cachettes de Dutroux et ses quelques complices. Marc Dutroux a été condamné à la prison à perpétuité pour enlèvement, séquestration, viol et assassinat.

Zuhal Demir critique la légèreté d'une peine infligée à un suspect

Ce mardi, la ministre flamande de la Justice Zuhal Demir (N-VA) a critiqué une précédente peine infligée au principal suspect de l'enlèvement du garçon de 13 ans qui a été retrouvé lundi à Genk. Khalid Bouloudo fait en effet partie de la mouvance islamiste radicale et a été reconnu responsable par le passé de l'envoi de combattants djihadistes en Syrie.

Bouloudo a déjà fait l'objet d'une condamnation à trois ans de prison avec sursis. "Je trouve incompréhensible que l'homme en question, qui est membre d'une organisation terroriste, reçoive une peine aussi légère", a déclaré la ministre Demir à la VRT (photo archives). "Il a violé les conditions (de son sursis) en décembre. Je pense que c'est la logique même que quelqu'un qui viole ses conditions finisse simplement en prison. Malheureusement, cela ne s'est pas produit ici. Je ne peux rien y faire, sauf demander que la justice devienne une compétence flamande", a déclaré Demir.

La ministre régionale n'est compétente que pour la justice administrative, les maisons de justice et la surveillance électronique. La critique par une ministre d'une décision de justice est inhabituelle, compte tenu du principe de la séparation des pouvoirs.

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