Koen Geens : "Refédéraliser les soins de santé serait un retour au passé"

Le vice-Premier ministre CD&V Koen Geens a apporté son soutien jeudi au plaidoyer de Zorgnet-Icuro, le plus important réseau de soins de santé du nord du pays, en faveur d'une réforme approfondie de l'État passant par une régionalisation des soins de santé. Il était interrogé dans l'émission "De ochtend" sur radio Eén (VRT).

"Je suis d'accord", a affirmé Koen Geens sur les ondes de Radio Eén (VRT). A ses yeux, refédéraliser les soins de santé, comme l'ont suggéré dernièrement le SP.A et l'Open VLD, serait "un retour au passé".

"La Belgique fonctionne bien si l'on organise clairement les compétences, comme par exemple l'enseignement. Mais en temps de crise, des problèmes de coopération surgissent, notamment dans les domaines où les compétences ont été moins clairement définies, comme les soins de santé ou la justice", a commenté Koen Geens, qui est aussi ministre de la Justice.

Il affirme qu'il existe désormais un consensus sur la nécessité d'une "unicité de commandement". Mais si certains partis, comme le SP.A et l'Open VLD, jugent qu'une refédéralisation des soins des santé est négociable, "ce n'est pas ce que nous pensons", confirme Koen Geens.

Une meilleure répartition des compétences et une réforme de l'État devraient à ses yeux être discutées lors de la formation d'un nouveau gouvernement. "Si à nouveau nous le réparons correctement, notre pays peut repartir pour 30 à 40 ans", a ajouté le ministre.

Le président du CD&V Joachim Coens et le ministre flamand de la Santé Wouter Beke (CD&V) avaient récemment plaidé, dans une carte blanche parue dans De Standaard, pour un transfert total de la politique familiale aux entités fédérées.

Interrogée dans De Ochtend, la Première ministre Sophie Wilmès (MR) tire parmi les enseignements de la crise le fait que les compétences sont trop fragmentées.

"Nous avons vu aussi qu'en période de crise, tout le monde se tourne vers le Fédéral. Cela en dit long sur le fonctionnement de notre pays". A ses yeux, la crise sanitaire et la relance de l'économie sont désormais prioritaires. Mais "tôt ou tard", il faudra reparler de réforme de l'État, a-t-elle convenu.

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