Geens à propos de la lutte contre le racisme: "Regardez la coloration des auditoires, c’est décevant"

"Dans notre pays aussi, nous pouvons encore faire beaucoup de progrès dans la lutte contre le racisme", estimait le ministre fédéral de la Justice Koen Geens, ce dimanche midi dans l’émission "De zevende Dag " de la VRT (photo), alors que des manifestations ont lieu à Anvers et Bruxelles ce week-end contre le racisme et la violence policière après le décès de George Floyd à Minneapolis aux USA. Il faisait notamment allusion au manque relatif de diversité parmi les étudiants dans les universités belges et se dit en faveur de quotas pour améliorer la situation.

A la suite des manifestations aux Etats-Unis contre le racisme et la violence policière, l’échevine anversoise Jinnih Beels (SP.A) - qui a elle-même travaillé de longues années à la police - avait souligné dans l’émission télévisée "De afspraak" (VRT) que la pratique du "profilage ethnique" existe aussi en Belgique. La police sélectionne plus facilement des suspects d’origine étrangère, par exemple pour effectuer des contrôles d’identité.

Ceci doit disparaitre, estimait le ministre de la Justice Koen Geens ce dimanche sur le plateau du "Zevende Dag" (VRT). "Quand on voit quelle évolution nous avons fait dans notre pays dans le domaine de l’émancipation de la femme - les femmes n’ont un droit de vote que depuis 1948 en Belgique - il est clair que l’on peut encore beaucoup progresser dans le domaine de la lutte contre le racisme".

En faveur de quotas

Cette évolution doit suivre les mêmes voies, estime Koen Geens. "Cela doit se faire en premier lieu au niveau de l’éducation. Ensuite nous devons oser mener certaines choses à bien. Personnellement, j’ai toujours été favorable à des quotas".

Le ministre fait allusion à des "actions affirmatives", à de la discrimination positive, aux Etats-Unis, notamment dans les écoles prestigieuses. "Est-ce que cela a changé le monde ? Non, mais Barak Obama est devenu président, et Hilary Clinton l’est presque devenue".

“Je pourrais l’accepter dans notre pays, ce système de quotas. Regardez en politique : nous y avons instauré une sorte de quota à un certain moment. Nous avons maintenant beaucoup de femmes ministres, comparé à d’autres organes dirigeants dans notre société. Cela a nettement amélioré la politique. La qualité des femmes en politique a apporté beaucoup de choses positives", estimait Koen Geens.

"Quand je regarde la situation dans les universités, la coloration dans les auditoires, c’est décevant. Ce manque de diversité se retrouve aussi à la police et la justice", précisait Geens.

Anonymat sur l’internet

Mais les quotas ne résoudront pas tout, admet le ministre de la Justice. “On parviendra très difficilement à convaincre les hommes de ne plus faire de mauvaises blagues sur les femmes. Peut-être dans 50 ans. Mais si l’on voit d’où nous venons, le progrès reste tout de même gigantesque".

Et pourtant, l’anonymat de l’internet et des médias sociaux n’a pas aidé à faire progresser les choses, estime Geens (photo, à dr.). "Je me demande si le fait d’enlever tous les freins a été une bonne chose. (…) Nous avons tous une fonction d’exemple, mais dans ce domaine la politique n’est pas bonne élève, et certains partis encore moins".

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