Nicolas Lambert

L'industrie alimentaire très affectée par la crise sanitaire, après une année record

L'industrie alimentaire belge a enregistré d'excellents résultats en 2019, notamment en termes d'investissements et d'emploi, mais la crise du coronavirus a déjà entraîné une baisse moyenne du chiffre d'affaires de 30% pour les entreprises du secteur, constate ce jeudi Fevia. La fédération de l'industrie alimentaire belge espère inverser la courbe ces prochaines années, notamment en renforçant le marché national.

En 2019, le secteur alimentaire a enregistré un chiffre d'affaires de 55 milliards d'euros, en hausse de 5,9% après une année 2018 décevante, et une augmentation des investissements (+8,8%), du nombre d'emplois (+2%) ainsi que des ventes intérieures (+9,4%). Les exportations ont elles progressé de 2,5% l'an dernier, pour atteindre 27 milliards d'euros.

Plus de la moitié (54%) de ces exportations restent destinées aux pays voisins, Pays-Bas en tête, mais les aliments et les boissons belges gagnent également en popularité sur les marchés lointains, remarque Fevia. Les exportations belges ont augmenté de 12% aux États-Unis (770 millions d'euros), de 9% en Chine (247 millions), de 6% au Japon (191 millions), de 15% au Canada (156 millions) et même de 25% en Arabie saoudite (151 millions). Les boissons, les produits de pommes de terre surgelés, le chocolat et les produits laitiers sont les principaux produits exportés en dehors de l'Union européenne.

"2019 a été une année record dans tous les domaines pour notre industrie alimentaire", souligne Bart Buysse, CEO de Fevia. "Nos entreprises ont investi 1,8 milliard d'euros, plus que tout autre secteur industriel." 

Cette année 2020, le coronavirus affecte cependant lourdement notre industrie alimentaire. La crise et les mesures du confinement, notamment l'arrêt de l'horeca, ont entraîné une baisse moyenne du chiffre d'affaires de 30%, tandis qu'une entreprise agroalimentaire sur trois fait part de problèmes de liquidité. Les coûts ont également augmenté pour le secteur, avec l'achat de matériel de protection ou encore l'augmentation du prix de certaines matières premières.

Investir dans les "héros de l’alimentation"

Fin avril, 70% des entreprises ont introduit une demande de chômage temporaire en raison du coronavirus, concernant 30% des travailleurs, précise la fédération. Fevia souligne néanmoins le potentiel de reprise économique du secteur, à condition de renforcer le marché belge, de développer les échanges internationaux et d'investir dans les "Food Heroes", les travailleurs qui ont poursuivi les activités pendant la crise, via la formation entre autres.

La fédération demande notamment aux autorités de mettre fin à la "lasagne de taxes" pour encourager les Belges à consommer local et éviter les achats transfrontaliers. Ceux-ci ont augmenté de 3,5% l'année dernière, à 639 millions d'euros. Fevia encourage également la poursuite d'une politique commerciale ouverte, avec des accords commerciaux équilibrés et sans protectionnisme, ainsi que des investissements ciblés dans la transformation numérique et l'économie circulaire.

"Nous devons avoir l'ambition de remonter la pente, de travailler à la reprise économique et d'inverser la courbe", plaide Bart Buysse. "L'industrie alimentaire a prouvé être un moteur potentiel de la reprise économique, mais ce moteur ne démarrera pas tout seul."

FLIP FRANSSEN

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