Le Parlement flamand veut déceler les discriminations, mais sans tests de situation

Les partis de la majorité au Parlement flamand s’expriment en faveur d’une analyse des discriminations et formes de racisme dans les divers secteurs de la société. Dans une résolution, ils réclament un système indépendant et académique qui permette de déterminer s’il y a discrimination ou racisme dans les divers domaines. Les partis de gauche dans l’opposition se disent déçus que la majorité rejette l’instauration de tests de situation sur le marché de l’emploi et celui de la location de logements.

La lutte contre le racisme doit être accélérée, estiment les partis de la majorité flamande N-VA, CD&V et Open VLD. Après les manifestations violentes aux Etats-Unis, qui ont fait suite au décès de l’Afro-Américain George Floyd à Minneapolis, et au lendemain de la manifestation contre le racisme et les violences policières qui a rassemblé 10.000 personnes à Bruxelles en pleine crise sanitaire, un débat est né au Parlement flamand (photo).

La majorité estime qu’il est grand temps de passer des accords par secteur au sujet des discriminations, "sans que les travailleurs, les agences immobilières ou les propriétaires de locations ne soient mis au pilori", précisent Sihame El Kaouakibi (Open VLD), Nadia Sminate (N-VA) et Katrien Partyka (CD&V). "Nous travaillons ainsi à un consensus contre les discriminations".

Diverses études révèlent en effet que les personnes avec un handicap, les seniors, les femmes et les personnes d’origine immigrée sont sous-représentés sur le marché du travail et éprouvent encore de grosses difficultés sur le marché de la location de logements en Flandre. Pour contrecarrer ce problème, les parlementaires flamands plaident en faveur d’accords "affinés" par secteur et d’un système de contrôle académique et indépendant qui recense les formes de discriminations. "Sur base de cette analyse, il faudra intervenir en sensibilisant la population".

Nicolas Maeterlinck

La majorité n’est pas en faveur de tests de situation qui viseraient à apporter la preuve d’intentions discriminatoires. Ils sont menés par des services d’inspection qui interviennent incognito et contrôlent de façon ciblée s’il y a discrimination ou racisme. Les partis d’opposition Groen, SP.A et PVDA se montrent déçus. Les écologistes flamands ont relancé il y a quelques jours l’idée de "testing", après que le nouveau président des libéraux flamands, Egbert Lachaert, ait estimé qu’on pouvait discuter du sujet. Le ministre flamand au Logement, Matthias Diependaele (N-VA), s’est par contre toujours opposé à ce type de tests menés par le gouvernement.

La Flandre ne possède pas actuellement de cadre législatif pour les tests de situation. Plusieurs villes, comme Gand (Flandre orientale), en appliquent cependant déjà le principe. D’après Sihame El Kaouakibi (Open VLD) cela devrait être étendu à toute la Flandre. "Nous allons commencer par récolter des chiffres et des données, et avec ce qui ressortira de l’analyse nous devrons intervenir sur le marché de l’emploi et celui de la location de logements. Cela veut dire que ces secteurs ne seront pas seulement informés et sensibilisés, mais que nous demanderons aussi au parquet d’enquêter sur des cas de discrimination et de les poursuivre en justice".

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