Des dizaines de milliers de marins toujours bloqués en mer à cause de l'épidémie de coronavirus

La crise du coronavirus n’est pas encore terminée pour tout le monde, certainement pas pour les dizaines de milliers de marins dont la situation est de plus en plus inquiétante. Certains sont bloqués en mer depuis des mois sans pouvoir quitter leur navire. Les Nations Unies ont appelé vendredi tous les pays à faciliter les relèves de ces marins. Un capitaine flamand, bloqué depuis des mois dans  l’Océan indien a témoigné à la VRT.

De nombreux équipages de marine marchande se retrouvent aujourd’hui isolés, au large, sans savoir quand ils pourront retrouver la terre ferme. C’est le cas du capitaine Michaël Barbaix et de son navire, le pétrolier Statia. Il est en mer depuis trois mois. Actuellement, son navire se trouve au sud de Madagascar.

"Nous n’avons pas la moindre perspective de pouvoir descendre à terre. Et cela pèse lourdement sur le moral de l'équipage d'autant plus que nous ne pouvons pas compter sur la compréhension des pays où nous voulons amarrer. Il n'y a pas d'agressivité, mais il y a une sorte d'incompréhension. Lorsque nous arrivons dans le port avec une certaine cargaison, seule cette cargaison compte. Les personnes à bord du navire sont à peine prises en compte", déclare le capitaine Barbaix.

Sans pouvoir quitter leur bateau, ces marins dépassent la présence maximum en mer stipulée dans les conventions internationales et "certains marins y sont depuis 15 mois", précise le chef de l’ONU Antonio Guterres. "Les rapatrier n'est pas seulement important pour des raisons familiales et personnelles. C'est aussi une question de sécurité", déclare de son côté Fred Kennedy responsable de la navigation maritime à l’ONU. "Parce que quand un équipage reste aussi longtemps sur un navire, il commence à être épuisé et stressé. Il est donc important que ces marins soient soulagés afin que le navire puisse continuer à naviguer en toute sécurité", conclut Fred Kennedy.

A bord du pétrolier de Michaël Barbaix, il y a 23 membres d’équipage. Une majorité d'entre eux ne sont plus sous contrat. "4 personnes ont dépassé leur contrat depuis deux à trois mois. "Je me retrouve donc avec des membres d'équipage qui sont à bord depuis au moins six à huit mois sans aucune perspective de remplacement", a expliqué le capitaine Barbaix.
 

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