Le patron de Bpost suspecté de pratiques commerciales illégales

L'Autorité belge de la Concurrence mène une vaste enquête sur des abus dans le secteur des entreprises de gardiennage. Les grands acteurs du secteur - notamment G4S, Securitas et Sedris - sont suspectés d’avoir passé des accords sur les prix. L’actuel CEO de Bpost, Jean-Paul Van Avermaet, est également cité dans le dossier. Lorsqu'il dirigeait l'entreprise spécialisée en solutions de sécurité G4S, Van Avermaet aurait en effet conclu des ententes sur les prix avec ses homologues du secteur, rapportent les quotidiens De Standaard, Het Nieuwsblad, Gazet van Antwerpen et Het Belang van Limburg ce mardi. L’information a été confimée à VRT NWS par l’Autorité belge de a Concurrence.

Peu avant le confinement, l'Autorité belge de la Concurrence (ABC) a entamé cette large enquête au sujet de pratiques illégales par les principaux acteurs du secteur, à savoir G4S, -Securitas et Seris. "Nous considérons qu’il s’agit d’un dossier très important", indique Véronique Thirion, auditeur-général de l’ABC. Elle confirme que tous les grands acteurs de ce secteur relativement restreint sont inclus dans l’enquête.

Jean-Paul Van Avermaet (52 ans) est donc concerné, alors qu'il était à la tête de l’entreprise G4S avant de prendre les rênes de Bpost le 13 janvier. Une des parties qui pourraient être lésées dans le dossier est l'employeur actuel de Van Avermaets, soit le gouvernement belge.

Celui-ci a été amené au cours des dernières années à faire de plus en plus appel aux services de cette société de sécurité. Si les abus sont avérés, les entreprises risquent une amende équivalente à 10% de leur chiffre d'affaires mondial. Et Paul Van Avermaet (photo) risque pour sa part aussi des sanctions pénales.

Le syndicat socialiste de Bpost préfère attendre les résultats de l’enquête d’ABC avant de se prononcer. "Nous partons du principe que tout le monde est innocent jusqu’à preuve du contraire", indique Jean-Pierre Nyns. "L’entreprise tourne à plein régime. Ce n’est pas le moment de condamner notre CEO", conclut Nyns.