L'ex-présidente du conseil communal de Grimbergen rend tous ses mandats politiques après sa déclaration raciste

Martine De Coppel (photo), élue de la liste communale "Vernieuwing", avait quitté son poste de présidente du conseil communal de la commune de Grimbergen, en Brabant flamand, à la suite d’un incident à caractère raciste. Au cours du conseil communal qui se déroulait jeudi soir par vidéo-conférence, elle a laissé échapper en néerlandais "de vremden weg", ce qui peut se traduire en français par "les étrangers dehors". Vivement critiquée par plusieurs participants à la réunion, elle ne s’est excusée dans un premier temps que parce que "c’est regrettable que mon micro ait été encore allumé".

Samedi, Vernieuwing annonçait que De Coppel se retire finalement de tous ses mandats politiques, qu'elle rend à son parti.

La liste Vernieuwing a déjà fait parler d'elle, après avoir obtenu le plus gros score de la commune de Grimbergen (Brabant flamand) aux élections locales de 2018. Elle était tirée par l'ancien Vlaams Blok et Vlaams Belang Bart Laeremans, actuellement échevin, et comportait d'autres anciens du parti d'extrême-droite. Vernieuwing est aux commandes dans la commune, en coalition avec la N-VA et l'Open VLD.

Vernieuwing a communiqué  vendredi au sujet du commentaire de Martine De Coppel, précisant que la phrase qu’elle a laissé échapper était "une réflexion qu'elle se faisait à elle-même et qui n'était dirigée vers personne". "Elle s'est plusieurs fois excusée durant le conseil communal virtuel, puis a immédiatement rendu sa démission en tant que présidente à l'issue de celui-ci, ce qui a été accepté par notre groupe", indiquait Chantal Lauwers, présidente de Vernieuwing. "C'est une déclaration malheureuse, mais elle est inacceptable".

"C’est au moment où il a été question de rendre le centre de la commune plus agréable que nous avons entendu la présidente déclarer : ‘Les étrangers dehors, oui’", expliquait le conseiller communal Jelle De Wilde (CD&V). "Nous étions tellement perplexes et avons immédiatement demandé des excuses. Mais nous n’en avons pas vraiment reçu. Martine De Coppel ne s’est excusée que pour le fait que son micro ait été encore allumé".

De Coppel rend finalement tous ses mandats

Plus tard dans la soirée de jeudi, la présidente du conseil communal aurait tout de même présenté des excuses, mais les partis de l’opposition réclamaient déjà sa démission. "Sa crédibilité a disparu, nous demandons qu’elle tire ses conclusions. Tous les partis de la majorité se sont également distanciés des déclarations de Madame De Coppel", indiquait Jelle De Wilde.

Normalement, Martine De Coppel devait reprendre en décembre 2021 l'échevinat d'Eric Naegels. Vendredi, elle n'avait démissionné que de son poste de présidente du conseil communal, mais souhaitait en rester membre. 

Samedi, à la suite d'une réunion de concertation, la liste Vernieuwing annonçait cependant que Martine De Coppel a décidé de démissionner de l'entièreté de ses mandats politiques, qu'elle rend à son parti. Ce dernier l'a remerciée "pour son engagement désintéressé pendant des années".  La présidente de Vernieuwing, Chantal Lauwers, a cependant souligné que les propos tenus par l'ex-présidente du conseil communal de Grimbergen n'étaient "pas admissibles". 

Les plus consultés