Erika Vlieghe : "Imposer le port du masque rappelle que le virus est toujours présent"

Invitée dans l’émission dominicale "De Zevende Dag" de la VRT, la virologue Erika Vlieghe (photo) continue à plaider en faveur de l’obligation du port du masque buccal dans les magasins. Non seulement parce qu’il protègent effectivement - bien que pas complètement - de la propagation du coronavirus, mais aussi parce qu’ils rappellent à la population qu’elle doit rester prudente puisque le virus est toujours présent dans le pays. La ministre de la Santé publique Maggie De Block, également invitée sur le plateau de la VRT ce dimanche midi, répondait que le gouvernement fédéral n’a pas définitivement écarté la possibilité d’imposer un masque dans les commerces.

A l’heure actuelle, le port du masque buccal est imposé en Belgique notamment dans les transports en commun, les gares et aéroports, dans l’enseignement secondaire, sur le lieu de travail où une distanciation suffisante ne peut être respectée, et dans certains musées. Le masque n’est pas obligatoire dans les magasins, mais il est vivement conseillé. Un nombre croissant de citoyens ne le portent cependant plus pour faire des courses.

Lors du dernier Conseil national de Sécurité, plusieurs virologues ont plaidé en faveur de l’obligation du port du masque dans les magasins, mais les responsables politiques n’ont pas suivi cette recommandation. Ils maintiennent que le port est "vivement recommandé". Sur le plateau de la VRT, ce dimanche, la virologue Erika Vlieghe - qui préside aussi le groupe d’experts chargé de conseiller le gouvernement fédéral sur la stratégie de sortie du confinement (GEES) - a réitéré qu’elle conseillait à terme d’imposer le port du masque dans certains endroits.

La cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital universitaire d’Anvers fait observer que les chiffres les plus récents du nombre de contaminations montrent les effets d'une société qui s'ouvre à nouveau. On ne peut pas dire que c'est une conséquence de l'absence d'obligation de porter le masque, "mais l'inverse est bien vrai: avec un masque, on peut mieux conscientiser la population. Une obligation aiderait à le faire. Elle aurait l'avantage de la clarté". Ce serait un moyen de rappeler à la population que le virus est toujours en Belgique, souligne la virologue.

De Block : "La discussion n’est pas close"

La ministre fédérale de la Santé publique, Maggie De Block (Open VLD), avait déjà laissé entendre cette semaine qu’une obligation du port du masque n’a pas (encore) été introduite parce qu’il faudrait alors l’assortir de contrôles, ce qui est impossible, selon elle. Mais la libérale flamande indiquait, à la VRT, que la discussion sur les masques buccaux n'est pas close.

Si les paramètres sanitaires repartent dans le mauvais sens, il ne sera pas seulement question du port du masque mais aussi d'autres mesures, a mis en garde Maggie De Block (photo, à g.), notamment à la vue de festivités de centaines de jeunes à Paris, qui ont dégénéré. "Je comprends que des jeunes veuillent faire la fête, mais ce que l'on voit maintenant, nous allons le payer par la suite", a ajouté la ministre.

"Nous allons suivre de près les paramètres", concluait la ministre de la Santé, alors que la phase 4 du déconfinement prendra cours mercredi 1er juillet.