Chaque jour, 7 hectares de vert disparaissent sous le béton en Flandre

Le parti écologiste Groen constate qu’un nombre accru d’espaces ouverts en Flandre sont victimes de nouvelles constructions et d’une bétonisation. Les verts se basent pour cela sur les chiffres du bureau belge de statistiques Statbel. L’an dernier, quelque sept hectares en moyenne par jour ont été soustraits à la nature en Flandre, soit 30% de plus que l’année précédente. La députée flamande Mieke Schauvliege (Groen) met en garde : cette tendance qui repart à la hausse favorise le dessèchement du sol en Flandre, alors que la Région souffre de plus en plus de la hausse des températures et d’une pénurie d’eau. Elle appelle la ministre à l’Environnement, Zuhal Demir (N-VA), à mettre un frein à la bétonisation de la Flandre.

"Nous demandons un cadre juridique qui interdise à l’avenir la construction dans les espaces ouverts en Flandre", précisait Mieke Schauvliege ce lundi dans l’émission "De ochtend" sur Radio 1 (VRT). "Le gouvernement flamand l’a déjà annoncé de très longue date, mais il n’arrive pas. C’est pourtant très important, certainement pour lutter contre la sécheresse. Chaque goutte d’eau qui tombe sur du béton n’entre pas dans le sol, et celui-ci dessèche. Il reste très difficile de combattre la sécheresse".

Les espaces ouverts sont encore toujours réquisitionnés pour construire des habitations, mais aussi des entreprises, des routes et infrastructures. "C’est une véritable accélération de la bétonisation au lieu de l’interdiction de couler davantage de béton" qui est annoncée depuis longtemps, souligne Mieke Schauvliege. "Les 7 hectares sont le solde. Aucun nouvel espace vert ne vient s’y ajouter".

Arrêter de construire dans des espaces ouverts isolés, en attendant le cadre juridique

Mieke Schauvliege reproche à la ministre Zuhal Demir de ne pas encore avoir entrepris de réaliser un cadre politique pour modifier la façon de construire en Flandre. "La seule initiative qui avait déjà été mise sur la table est un mauvais décret qui, d’après les experts, a l’effet inverse de celui recherché et favorise donc la construction dans les espaces ouverts", précise la députée flamande. Elle demande que ce décret soit adapté. "Dans l’attente du cadre juridique, nous demandons d’arrêter de construire dans des espaces verts isolés qui sont cruellement nécessaires pour lutter contre la sécheresse".

Erik Wieërs (photo), le nouveau maître-architecte pour la Flandre, tout récemment nommé par le gouvernement flamand, estime également qu’il faut rapidement modifier la façon de construire en Flandre. Cela veut dire, concrètement, arrêter d’utiliser des espaces ouverts vierges et ajouter davantage de nouvelles habitations dans des noyaux de construction déjà existants, où l’accès à l’électricité, au gaz, aux transports en commun et aux commerces est déjà assuré.

"Je pense que les experts sont déjà convaincus depuis 40 ans que notre modèle d’aménagement du territoire n’est pas idéal", commentait Erik Wieërs dans l’émission "De ochtend" (VRT) ce lundi matin. Mais le maitre-architecte flamand estime aussi qu’un changement dans la façon de construire - en stoppant une bétonisation accrue - offre une occasion d’élaborer de nouveaux projets architecturaux. "Cela ne signifie pas que nous allons construire des tours dans tous les noyaux urbains. C’est aussi une occasion de rénover les centres de villages et de leur donner une autre affectation", concluait Erik Wieërs.

@Pieter Geerts