© BELGA/Yorick Jansens

La Sûreté de l’Etat met en garde contre la violence terroriste d’extrême droite

D’après le rapport 2019 de la Sûreté de l’Etat, la violence djihadiste mais aussi celle d’extrême droite demeure inquiétante dans notre pays. Les membres de groupuscules de droite radicale et identitaire sont ainsi appelés à demander des permis de port d’arme et à adhérer à des clubs de tir. L’objectif est de "se tenir prêt au cas où la guerre civile, raciale ou religieuse éclate". 

Cela fait déjà plusieurs années que les renseignements remarquent une tendance de l’extrême droite à davantage s’armer. "Concernant les acteurs isolés, nous pouvons dire que la menace est réelle", pointe le rapport. "Ils fonctionnent dans un climat où l’extrémisme est toujours plus accepté. Le seuil est donc toujours plus bas en ce qui concerne l’expression des idées extrémistes. Cela mène certains individus à aboutir par eux-mêmes, sans le soutien d’un mouvement radical, à une attaque".

Ils doivent se tenir prêts physiquement, et de préférence posséder des armes, au cas où la guerre civile, ou raciale, ou religieuse éclate

Ingrid Van Daele, porte-parole de la Sûreté de l'Etat

Le dernier rapport annuel évoque, dans les cas les plus extrêmes, des militants radicaux qui se préparent à des actes de violence, comme par exemple en s’exerçant avec des armes et des explosifs, ou en discutant de cibles potentielles. Les membres de groupuscules sont, selon la Sûreté de l’Etat, appelés à s’armer et à rejoindre des clubs de tir. "Ils doivent se tenir prêts physiquement, et de préférence posséder des armes, au cas où la guerre civile, ou raciale, ou religieuse éclate", précise la porte-parole des renseignements, Ingrid Van Daele.

Pour mieux préparer leur "lutte", certains se rendent également dans des camps de formation à l’étranger. "Il existe un certain nombre de ces camps, aussi bien au sein de l’Union européenne qu’en dehors. Nous savons qu’une vingtaine de Belges y ont suivi une formation".

Le Vlaams Belang veut porter plainte contre la Sûreté de l'Etat

Invité sur le plateau de l’émission Terzake (VRT), le président du Vlaams Belang Tom Van Grieken, s’est montré indigné face aux conclusions du rapport.

"Le Parlement a une fonction de contrôle, et quand la Sûreté de l’Etat commence à jouer un rôle politique, et fait un ‘framing’ dans lequel l’extrême droite apparaît comme un danger aussi grand que l’extrémisme musulman, elle agit au-delà de ses compétences. Nous examinons actuellement quelle plainte nous pourrions porter auprès du Comité I, qui contrôle les renseignements".

"Pas uniquement des loups solitaires"

Jusqu’à présent, il était souvent considéré que les actes terroristes d’extrême droite étaient l’œuvre d’individus isolés. Il ressort cependant désormais que des liens internationaux existent également. C’est en tous cas ce qu’affirme Jessica Soors, députée Groen, et experte en déradicalisation.

"On sait qu’une vingtaines de Belges ont été en Russie et en Europe de l’est pour y suivre des formations paramilitaires d’extrême droite. Cette situation, combinée à l’appel à passer à l’acte en s’armant et en se préparant à une lutte physique, constitue une donnée très inquiétante pour la Sûreté nationale", a-t-elle souligné lors de la même émission.

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