Nicolas Maeterlinck

Le président du CD&V suspend les négociations gouvernementales suite à la question de l'avortement

Les négociations gouvernementales sont suspendues. Le président du CD&V, Joachim Coens, attend un signal de son collègue du MR Georges-Louis Bouchez. Cela devrait consister à reparler de la politique de relance économique et à mettre au frigo la proposition de loi sur l'avortement.

Le nouveau report du vote de la proposition de loi sur l'avortement a provoqué un désaccord entre les trois négociateurs fédéraux : Joachim Coens (CD&V), Georges-Louis Bouchez (MR) et Egbert Lachaert (Open VLD). Ceux-ci tentent de mettre sur pied une coalition "Arizona" qui associerait à leurs propres formations, la N-VA, le SP.A, et le CDH.

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, n’avait pas imposé de consigne de vote aux députés MR à propos de la proposition de loi prévoyant un assouplissement des conditions de l'avortement et notamment une extension du délai légal. Joachim Coens n’a pas apprécié cela et a décidé de mettre sur pause les négociations gouvernementale. Il attend un signal de la part de George-Louis Bouchez, plus tard dans la journée.

Ce n'est qu'ensuite qu'il juge envisageable de reprendre le travail au sein du trio, contraignant ainsi le processus à marquer une pause. La prochaine étape devait être un entretien avec le président du SP.A Conner Rousseau, initialement prévu ce vendredi.

Jeudi soir, les opposants à la proposition de loi ont obtenu de consulter le Conseil d'Etat sur de nouveaux amendements. Les partisans du texte ont exprimé leur indignation devant cette façon de faire qui s'apparente à leurs yeux à de l'obstruction parlementaire. C'est en effet le troisième renvoi du dossier au Conseil d'Etat, une pratique tout à fait inhabituelle au parlement belge.

"Je regrette que nous ayons dû recourir à cette solution d'urgence, mais ce dossier est trop important pour nous", a justifié vendredi Joachim Coens, au micro de l'émission "De ochtend" sur Radio 1 (VRT). Le CD&V a fait de cette question un enjeu de gouvernement et le répète depuis des mois, a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d'un entretien avec M. Bouchez sur les priorités des travaux de formation gouvernementale afin de rétablir la confiance.

"Nous sommes dans une crise économique mondiale", a-t-il ajouté. "La politique de relance est la chose la plus importante et elle ne doit pas être contrecarrée par des questions sensibles pour l'une ou l'autre partie. Si ce n'est pas possible, alors la confiance est brisée". Il faut que Georges-Louis Bouchez s’engage à discuter de questions économiques, et laisse la loi sur l'avortement au placard pour le moment.

 

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