Gustave Van de Woestyne - Deeske, 1902 - Collectie MSK Gent - Legaat erfgenamen van Fernand en Jozef De Blieck, 2016

Exposition Gustave Van de Woestyne au Musée des Beaux-Arts de Gand

Du 7 juillet au 4 octobre, le Musée des Beaux-Arts de Gand (MSK Gent) présente les œuvres de Gustave Van de Woestyne en sa possession. Quelques donations récentes d’œuvres de cet artiste d’origine gantoise (comme ce portrait de Deeske Cnudde) ont encore enrichi la très belle collection du MSK. En ce qui concerne le contenu, l'exposition se concentre sur la relation entre Gustave et son frère, l'écrivain Karel Van de Woestyne. 

Le Musée des Beaux-Arts de Gand peut se targuer de posséder des œuvres majeures des phases les plus significatives de la carrière de Gustave Van de Woestyne. Ces dernières années, le musée a pu encore élargir sa collection grâce à des dons, des legs et des prêts à long terme. L'exposition de cet été présente des œuvres qui ont rarement été montrées au public. L'une des acquisitions les plus récentes est un autoportrait précoce du peintre. Il l'a peint alors qu'il étudiait encore à l'Académie des Beaux-Arts de Gand ou venait tout juste d’y terminer sa formation.

Gustave Van de Woestyne - Zelfportret, 1899 (of vroeger) - Collectie MSK Gent, schenking van mevr. Huguette Van de Woestyne-Vanagt, 2020

Ce portrait offre un bel avant-goût de l’exposition qui couvre toute la carrière de Gustave Van de Woestyne et pas seulement à travers ses peintures, ses dessins, ses illustrations et des études préliminaires, mais aussi grâce à ses mémoires.

Le manuscrit de ces mémoires est comme un fil conducteur de l'exposition. Les 147 pages peuvent être lues dans leur intégralité, avec tous les ajustements et suppressions. Gustave Van de Woestyne a écrit ces mémoires dans les années 1930 après la mort de son frère Karel. Mais elles n'ont été publiées qu'en 1979 sous le titre "Karel en ik" (Charles et moi). Le peintre revient sur sa vie aux côtés de son frère : leur enfance et leur jeunesse à Gand, mais aussi plus tard, lorsqu'ils vivaient ensemble à Laethem-Saint-Martin.
 

Gustave Van de Woestyne - Karel van de Woestijne, 1910 - Collectie MSK Gent, aangekocht in 2008

"Les deux frères s'entendaient très bien", déclare Cathérine Verleysen, directrice du MSK. "Les querelles des deux petits frères ont fait place à un lien très étroit. Gustave pensait que Karel était le seul à vraiment comprendre son travail. Il était son principal critique. Ce qui les liait, c'était la perte prématurée de leur père. On sent que le grand frère Karel Van de Woestyne a remplacé le père de son petit frère Gustave".

A l'exposition, le lien entre les œuvres et le manuscrit se fait par le biais d'un audio-guide audio. L'acteur Wim Opbrouck raconte des anecdotes liées aux différents tableaux. Nous découvrons ainsi comment l'artiste a rencontré sa femme qu'il a représentée en 1910. Ce portrait est la première œuvre de Gustave Van de Woestyne que le MSK a achetée en 1913.

Gustave Van de Woestyne - Prudence De Schepper, de vrouw van de kunstenaar, 1910 - Collectie MSK

Au début de sa carrière, Gustave Van de Woestyne a été très marqué par les Primitifs flamands, tels que Jan Van Eyck et Hans Memling. Plus tard, des artistes modernes, comme Picasso, ont également laissé leur marque. Le spirituel joue également un rôle important dans son oeuvre. En 1905, il séjourne dans un monastère pendant quelques semaines. Même s’il n’apprécie pas trop la vie monastique, des thèmes bibliques continuent à l'inspirer dans son travail, comme la Passion du Christ.

"Gustave Van de Woestyne a créé un style qui lui est propre. Il a intégré de nombreuses influences différentes", explique Johan De Smet, responsable des expositions au MSK. "Il a également transcendé le local et a joué le jeu au niveau international. Nous constatons encore que son travail attire de nombreux visiteurs étrangers dans les musées".

Les œuvres présentées à l'exposition sont très diverses sur le plan technique. On y trouve non seulement des peintures, mais aussi des lithographies, des dessins et des aquarelles.

La fresque "Gastvrijheid voor vreemdelingen" (Hospitalité pour les étrangers) se distingue dans ce contexte.  Elle a été peinte directement sur un mur et ensuite découpée. "C'est un autoportrait, avec une très belle symbolique", estime Cathérine Verleysen. "Le thème reste d'actualité. Van de Woestyne se tient devant sa maison et invite l'étranger à y entrer. Tout comme le musée a rouvert ses portes après la fermeture (à cause de la crise sanitaire ndlr.)et veut accueillir à nouveau les visiteurs grâce  cette exposition".

Pour plus d'infos vous pouvez consulter le site internet du MSK

Gustave Van de Woestyne - Gastvrijheid voor vreemdelingen, 1920 - fresco - Collectie MSK Gent

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