Les atteintes à l'intégrité sexuelle des enfants en forte hausse pendant le confinement

Durant la période de confinement, le nombre de cas de maltraitance d'enfants a énormément augmenté par rapport à la même période l'année dernière. C'est ce que montrent les chiffres révélés par Child Focus. La fondation pour enfants disparus et sexuellement exploités tire la sonnette d'alarme et s’adresse aux décideurs politiques de notre pays dans une lettre ouverte. "En raison du confinement, nous avons condamné certains enfants à la maltraitance, à l'exploitation et aux abus".

"Chère Belgique, nous devons parler de nos enfants". C’est ainsi que débute la lettre ouverte adressée par Child Focus aux décideurs politiques de notre pays.

Depuis le début du confinement, le nombre de signalements de "grooming", soit des adultes qui abordent des mineurs en ligne avec un but d'abus sexuel, a triplé, alerte mercredi Child Focus. Les dossiers d'extorsion sexuelle ont eux augmenté de 118%, tandis que les plaintes de jeunes harcelés sexuellement en ligne ont doublé.

Le point de contact civil stopchildporno.be a également recensé trois fois plus de signalements d'abus sexuels. Child Focus cite par ailleurs un rapport d'Europol, qui fait état d'une multiplication par 10 du nombre d'images d'abus sexuels repérées en mars.

A la mi-juillet, Child Focus a déjà enregistré davantage de dossiers d'atteinte à l'intégrité sexuelle des enfants que sur l'ensemble de l'année 2019.

"Décideurs politiques, unissez-vous au-delà des frontières de vos partis pour faire de la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants une priorité absolue", écrit la fondation  sur son site internet. Pour Child Focus, les cinq points d'action suivants sont à considérer comme cruciaux à court terme :
 

  1.  La lutte contre l'exploitation sexuelle des mineurs, tant en ligne que dans le monde réel, doit être considérée comme une priorité absolue par le gouvernement et doit être inclue en tant que telle dans l’accord gouvernemental ;
  2. L'éducation aux médias doit être prise en compte dans les programmes de l'enseignement primaire et secondaire. La sexualité doit également en faire partie.
  3. Des moyens plus structurels doivent être mis à disposition pour donner à la police, au parquet, aux organisations et services d’aide aux victimes, la marge de manœuvre nécessaire dans la lutte contre l'exploitation sexuelle des mineurs ;
  4. Les acteurs qui entrent en contact avec les victimes (potentielles) d'exploitation sexuelle, tels que la police, le parquet, les enseignants et les conseillers, doivent recevoir la formation nécessaire pour identifier rapidement les victimes et prendre les mesures nécessaires.
  5. Les fournisseurs de services en ligne portent une grande responsabilité et doivent être obligés à lutter de manière proactive contre l'exploitation sexuelle des mineurs sur leurs plateformes. Ceci repose sur un accord de collaboration entre tous les acteurs concernés, tels que la police, le parquet et les services d’aide.

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