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Pierre Van Damme : "Il est logique de ne pas assouplir lors d'une épidémie active"

La décision du Conseil national de sécurité (CNS) de ne pas autoriser un nouvel assouplissement des mesures prises pour lutter contre la propagation du coronavirus est un "choix logique", a indiqué mercredi l'épidémiologiste Pierre Van Damme de l'Université d'Anvers. "Avec un taux de reproduction du virus supérieur à un, nous sommes à nouveau confrontés à une épidémie active."

Le Conseil national de sécurité ne s'est donc pas encore prononcé sur un éventuel assouplissement des règles en matière de lutte contre le coronavirus à partir du 1er août. Un nouveau CNS se penchera sur la question jeudi prochain.

"C'est un choix logique de ne pas annoncer d'assouplissement pour l'instant car la situation actuelle pousse à réfléchir étant donné que le nombre de cas continue à augmenter", explique Pierre Van Damme. Le professeur souligne, comme la Première ministre Sophie Wilmès, que le taux de reproduction du virus est à nouveau supérieur à 1. Ce qui signifie qu'une personne infectée en contamine plus d'une autre en moyenne. "Nous sommes à nouveau confrontés à une épidémie active et non l'inverse", poursuit l'universitaire anversois.

Sciensano prend cependant encore en compte un taux de reproduction du virus inférieur à un. Ce qui s'explique, selon Pierre Van Damme, par le fait que l'Institut de santé publique se base surtout sur le nombre d'hospitalisations. "Si vous prenez en compte le nombre de nouvelles infections, vous dépassez le taux de un et c'est préoccupant."

L'épidémiologiste ne voit cependant pas encore la nécessité de prendre des mesures plus strictes. "Un renforcement n'est pas encore nécessaire tant que les gens respectent les règles. Et la plupart le font."

On pourrait toutefois envisager un durcissement ciblé dans les semaines qui viennent. "Renforcer de manière aveugle n'est pas une solution. Mais vous pouvez voir d'où vient le problème et sur cette base essayer de comprendre d'où viennent les nouvelles infections", explique Pierre Van Damme. "Pour ce faire, nous devons être en mesure d'obtenir encore plus d'informations de la recherche de contacts."
 

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