La multiplication des contaminations inquiète le CEO de l'hôpital UZ Brussel : "On regarde sans rien faire"

Marc Noppen (photo archives), le directeur de l’hôpital universitaire UZ Brussel, critique vivement l’opération de traçage de contacts des personnes qui ont été infectées. "Elle ne fonctionne toujours pas", estime Noppen, et cela l’inquiète au plus haut point. "Nous avons vu lors de la première vague de contaminations les conséquences que cela peut avoir. Mais tout le monde observe la situation actuelle et ne fait rien, pour l’instant".

Le Comité de concertation a décidé ce dimanche midi de ne pas renforcer les mesures de protection pour éviter une propagation du virus, estimant qu’il fallait avant tout veiller au respect scrupuleux des mesures déjà mises en place. Les assouplissements envisagés pour le 1er août prochain ne sont par contre plus à l’ordre du jour, indiquait dimanche la ministre de la Santé publique, Maggie De Block.

Mais l’augmentation progressive du nombre de contaminations dans le pays, qui persiste depuis 12 jours, inquiète les scientifiques, dont le directeur de l’UZ Brussel, Marc Noppen. "Nous avons vu les conséquences de la première vague de contaminations, pour les hôpitaux et les maisons de repos, notamment". Il s’indigne de la façon de communiquer du gouvernement fédéral. "Tout le monde observe la situation, sans rien faire pour l’instant".

C’est avant tout le traçage des contacts de patients diagnostiqués positifs qui pose encore problème actuellement. La ministre de la Santé, Maggie De Block, ne semblait pas trop s’en inquiéter dimanche midi au micro de la VRT, indiquant que "le système fonctionne". Mais Marc Noppen dément : "Le système ne fonctionne pas".

"Je ne comprends pas cela. On a annoncé ce traçage il y a quelques mois, avec un investissement de 100 millions d’euros à la clef. Nous avons dans ce pays tellement compagnies d’assistance au voyage. Elles possèdent une infrastructure, un système IT, du personnel soignant, et le tout organisé dans les règles du respect de la vie privée. Pourquoi ne les a-t-on pas impliquées dans le traçage et ne leur a-t-on pas donné un scénario ? Ces personnes font exactement ce type de travail, et appellent des milliers de personnes pendant la saison touristique", se demande Marc Noppen.

"Ce n’est pas une science compliquée. Il faut une ligne téléphonique directe des laboratoires vers les plateformes qui travaillent avec le scénario de traçage. Mais au lieu de cela, on a bricolé quelque chose de nouveau, qui ne fonctionne visiblement pas", s’inquiète Noppen.

BELGA/DOPPAGNE

Entretemps son hôpital se prépare, comme les autres du pays, à une seconde vague de contaminations et de patients Covid-19. "Nous avons élaboré une feuille de route, avec ce que nous allons faire si le nombre de patients augmente”. A l’heure actuelle, la moyenne journalière des admissions à l’hôpital demeure autour de 10.

Marc Noppen est surtout inquiet pour le personnel. “ Les hôpitaux travaillent actuellement avec un nombre plus élevé de personnes, pour parvenir à résorber le traitement des patients avec d’autres pathologies, qu’ils n’avaient pu voir pendant la crise aiguë de coronavirus. L’activité est plus intense actuellement qu’à la même période l’an dernier. Le personnel soignant n’a pas encore eu le temps de se reposer, de faire son deuil, de fêter. Il passe d’une période survoltée à une autre. Si le Covid revient à la charge, je serai très inquiet".

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