De Wever : "Pas de garantie de succès, mais il faut explorer la piste"

Les présidents de la N-VA, Bart De Wever, et du PS, Paul Magnette, ont adressé lundi soir un message vidéo à leurs électeurs respectifs pour expliquer pourquoi ils avaient accepté la mission de préformation d’un nouveau gouvernement fédéral qui leur a été confiée en fin d’après-midi par le roi Philippe. Tous deux indiquent que la crise sanitaire nécessite au plus vite un gouvernement de pleins pouvoirs pour un plan de relance et une simplification du fonctionnement des institutions du pays. "Il n'y a aucune garantie de succès, mais je pense que nous devons explorer cette voie, que nous devons prendre cette responsabilité", a indiqué pour sa part Bart De Wever. Le nationaliste flamand fait référence à l'ouverture créée par le PS pour mettre en œuvre des réformes institutionnelles et redistribuer des compétences.

Dans sa séquence vidéo, Bart De Wever souligne qu’il a accepté la mission royale "dans un contexte très difficile. Nous vivons une crise sanitaire comme nous n’en avons jamais connue de notre vivant. Et après l’éclair du corona, un coup de tonnerre économique nous menace encore, qui pourrait entrainer la perte de dizaines de milliers d’emplois".

"Cela nous coûtera certainement beaucoup en Flandre. Mais entretemps, nous n’avons pas encore de gouvernement fédéral fort. Nous errons sur un navire sans gouvernail. Or il faut s’attaquer dès à présent aux problèmes".

"La crise du coronavirus a également démontré que notre pays est totalement en panne sur le plan institutionnel. Les compétences sont dispersées, il est réellement impossible de prendre des mesures de façon efficace. Le Parti socialiste a fait une ouverture pour mettre aussi en œuvre des réformes institutionnelles et redistribuer les compétences. Il n’y a aucune garantie de succès, mais je pense que nous devons explorer cette piste. Et prendre cette responsabilité. Je ne trahirai jamais votre confiance", concluait Bart De Wever dans son message vidéo.

"La crise sanitaire nous a donné trois leçons"

Dans son message, Paul Magnette - qui ne fait aucune allusion à Bart De Wever - indique qu’il a accepté la mission royale parce que la crise sanitaire, économique et sociale du coronavirus a permis de tirer trois leçons : "On ne peut pas répondre à une crise aussi grave et aussi longue sans disposer d’un vrai gouvernement. (…) Les scientifiques annoncent un retour possible de l’épidémie et nous sommes le seul pays d’Europe à ne pas avoir de plan d’urgence pour y répondre. Notre pays va perdre des dizaines de milliers d’emplois, et nous sommes le seul pays d’Europe à ne pas avoir de plan de relance. Il est urgent d’agir".

"Deuxième leçon, la Sécurité sociale jouera encore un rôle essentiel dans la réponse à cette crise. Elle permet de sauver des vies et des emplois menacés. Or cette Sécurité sociale est fragilisée notamment par les économies dans les soins de santé", estime Paul Magnette faisant allusion aux cinq années du gouvernement Michel.

"Et puis notre pays est devenu si complexe que l’action publique perd en efficacité et que plus personne ne s’y retrouve. (…) Le moment est venu de clarifier les missions des uns et des autres et de simplifier notre système institutionnel pour le rendre plus efficace. Réformer l’Etat, c’est aussi protéger les Wallons et les Bruxellois". Et d’estimer que le PS, parce qu’il est le premier parti en Wallonie et à Bruxelles, est le seul qui puisse les défendre.

Dans les 50 jours qui restent avant que la Première ministre Sophie Wilmès redemande éventuellement la confiance du Parlement pour le gouvernement aux pouvoirs spéciaux, Paul Magnette affirme vouloir s’investir pour "former un vrai gouvernement, qui ait une vraie capacité d’agir".

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