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Sophie Wilmès salue le plan de relance massif de l’UE "à la hauteur des enjeux européens"

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont donné mardi à Bruxelles leur accord à un fonds de relance massif de 750 milliards d'euros pour aider les pays européens les plus touchés par la crise du coronavirus, au matin du cinquième jour d'un sommet marathon qui aura dû multiplier les concessions aux intérêts nationaux. La Première ministre belge Sophie Wilmès en a salué plusieurs points positifs pour la Belgique. Quant au ministre-président flamand Jan Jambon, il s'est dit "heureux que, malgré de grandes dissensions, un accord sur le budget européen et le fonds coronavirus ait été trouvé".

"Deal!" ("accord"), a tweeté le président du Conseil Charles Michel (photo, à dr.), vers 5h30 ce mardi matin. Les vingt-sept pays membres de l’Union européenne se sont entendus sur le recours, inédit à cette ampleur dans l'histoire de l'UE, à un emprunt commun que contractera la Commission européenne sur les marchés financiers, pour en redistribuer l'argent sous forme de dons (subventions) et de prêts aux pays et secteurs les plus touchés par la crise.

Ce fonds est adossé au budget pluriannuel de l'UE (2021-2027) fixé à 1.074 milliards d'euros, conformément à la proposition initiale de l’ancien Premier ministre belge Charles Michel. Mais de nombreux postes ont bougé en son sein. Les Vingt-sept ont dû prendre en compte les fortes réticences d'un groupe de cinq Etats qualifiés de "frugaux" (Pays-Bas, Autriche, Suède et Danemark, auxquels s'est jointe la Finlande), mais aussi celles de la Pologne et de la Hongrie concernant le lien entre le versement des fonds européens et le respect de l'Etat de droit.

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"Accord exceptionnel"

L'ensemble devra encore être négocié avec le Parlement européen avant d'entrer en vigueur. "Nous avons un accord. Et un bon accord ! Avec un budget 2021-2027 de 1.074 milliards et un plan de relance de 750 milliards, jamais l'Union européenne n'avait décidé d'investir de manière aussi ambitieuse dans l'avenir", a commenté sur Twitter la Première ministre belge Sophie Wilmès.

"La longueur de ce sommet est aussi exceptionnelle que l'accord qui vient d'être trouvé", a indiqué Wilmès, après un sommet marathon qui s'est étendu de vendredi matin jusqu'au bout de la nuit de lundi à mardi. Plusieurs points portés par la Belgique ont été entendus, ce qui réjouit la Première ministre. Le paquet final maintient ainsi le fonds d'ajustement "Brexit" de 5 milliards d'euros intégré pour la première fois par le président du Conseil européen, Charles Michel, dans sa proposition de pré-sommet.

Un autre cheval de bataille de la Belgique a connu un revirement surprise: alors qu'il était question de faire baisser la part que les pays peuvent retenir des droits de douane sous la forme de frais de perception, cette part est finalement augmentée (à 25%) dans l'accord final. C'est un élément qui a des conséquences financières importantes pour la Belgique, pays d'importations via ses ports.

La mesure a dû être intégrée pour apaiser les Pays-Bas, leader des pays "frugaux" réticents à délier les cordons de la bourse pour des subventions de relance aux pays du sud. Mais elle contribuera aussi à réduire quelque peu l'effort financier supplémentaire demandé à la Belgique comme à toutes les autres capitales à la suite du départ du Royaume-Uni (Brexit), qui était un gros contributeur net au budget européen. Selon le cabinet Wilmès, "l'impact général budgétaire supplémentaire" du prochain budget pluriannuel pour notre pays "est estimé à 1,16 milliard par an, avec une contribution RNB qui augmentera de 1 milliard. Les premiers chiffres qui avaient circulé tournaient autour des 1,7 milliard d'euros. En contrepartie, les retours sont estimés pour les programmes principaux à 18,3 milliards".

Globalement, "la discussion fut âpre" durant ce sommet, reconnaît la Première ministre. Mais l'accord dégagé, avec le maintien des montants globaux prévus par Charles Michel, est "probablement à la hauteur des enjeux auxquels nous devrons encore faire face" au niveau de l'Union, estime-t-elle. Avec la perte de la contribution du Royaume-Uni, et les nouvelles politiques que l'Union entend mettre en avant, il y a forcément eu aussi des pertes, dans le cadre budgétaire pour les sept prochaines années. Les fonds de la politique de Cohésion et de la politique agricole commune (PAC) sont ainsi revus à la baisse, ce que regrette la Belgique.

"Au niveau de la PAC, nous avons subi une forte baisse des programmes, comme les autres. L'objectif est de pouvoir mitiger au mieux ces difficultés, et nous avons pu compenser de 100 millions la baisse originale", explique Sophie Wilmès (photo). Pour la cohésion, la Belgique a aussi réussi à obtenir 200 millions de plus pour les régions en transition, par rapport à la proposition de début de sommet. Au final, elle bénéficiera d'un montant de 2,399 milliards d'euros dans le cadre des politiques de cohésion, selon les calculs de son cabinet.

CLI

Jambon : solidarité doit rimer avec responsabilité

Le ministre-président flamand Jan Jambon s'est dit "heureux que, malgré de grandes dissensions, un accord sur le budget européen et le fonds coronavirus ait été trouvé" mardi. "La solidarité doit aller de pair avec la responsabilité", ajoutait-il.

"C'est comme cela que nous sortirons de la crise", a ajouté Jan Jambon. "À notre demande, un fonds d'ajustement 'Brexit' de 5 milliards d'euros a aussi été intégré."

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