Conseil national de sécurité : des mesures plus strictes pour freiner la propagation du coronavirus

A l’issue de sa réunion de ce jeudi matin, le Conseil national de sécurité présidé par la Première ministre Sophie Wilmès (photo) a décidé de n’introduire aucune des mesures d’assouplissement qui avaient été planifiées à l’origine pour début août, sous réserve de l’évolution de la situation sanitaire. Or cette situation est plutôt inquiétante, puisque le nombre de contaminations ne cesse d’augmenter depuis quinze jours. Il a presque doublé en l’espace d’une semaine. La phase 5 du déconfinement est donc reportée. Dès samedi 25 juillet, le port du masque sera imposé dans plus d’endroits très fréquentés, les clients du secteur horeca devront communiquer des données de contact, et les personnes rentrant d’un voyage devront remplir un formulaire via l’internet.

Le port du masque buccal deviendra obligatoire dès samedi dans les lieux publics pour endiguer le rebond de la pandémie de coronavirus, annonçait la Première ministre, Sophie Wilmès, à l'issue de la réunion du Conseil national de sécurité (CNS) à Bruxelles. Déjà obligatoire, notamment, dans les transports en commun, les gares et aéroports, les lieux de culte, les musées, salles de concert et théâtre, les cinémas, bibliothèques, des magasins, le masque buccal devra alors aussi être porté dans les rues commerçantes très fréquentées, sur les marchés et dans les bâtiments publics.

Dans les cafés et restaurants, le masque devra être porté pour s’y déplacer (par exemple se rendre à la toilette), mais pas à la table. Nouveauté encore pour les cafés et restaurants : les clients devront communiquer une adresse mail ou un numéro de téléphone (par table au moins) avant de quitter les lieux pour permettre un suivi plus aisé en cas de contamination. D’après Sophie Wilmès, les données transmises seront effacées après 14 jours (ce qui correspond environ au temps d’incubation du nouveau coronavirus).

Alors que le ministre Denis Ducarme avait laissé entendre avant le Conseil national de sécurité que cette mesure devait encore être accordée avec les règles de protection de la vie privée, le ministre-président flamand Jan Jambon a indiqué qu’aucune adaptation n’était encore nécessaire. "En Allemagne et en France on le fait déjà, et ce sont les mêmes règles européennes qui y sont en vigueur. Il faut une petite adaptation et cela n’empiète que peu sur la vie privée".

"D’ici samedi, un formulaire sera placé en ligne par le ministère à l’Economie", précisait la Première ministre. Il y aura également davantage de contrôles pour voir si l’horeca se tient aux règles renforcées.

Les magasins de nuit devront fermer à 22h, au lieu de 1h du matin actuellement comme pour les cafés. Les autorités veulent ainsi éviter que les clients sortant des cafés et restaurants n’aillent encore vite acheter de l’alcool dans les magasins de nuit pour continuent à boire et discuter, voire fêter, en rue après la fermeture de l’horeca.

Vous rentrez de voyage ? Un formulaire à remplir

Toute personne rentrant de voyage - que ce soit d’une zone dite "verte" ou "rouge" (risque élevé de contamination) - sera obligée de remplir un formulaire via l’internet. Indépendamment aussi du moyen de transport utilisé pour voyager (voiture, train, bus, bateau ou avion). Ce formulaire également devrait être disponible d’ici quelques jours, assurait Sophie Wilmès à la conférence de presse qui faisait suite au Conseil national de sécurité (CNS).

La Première ministre a d’ailleurs insisté pour que les voyageurs venant de Belgique suivent scrupuleusement les règles de précaution sanitaire aussi là où ils se rendent en vacances. "Nous avons tous vu circuler des vidéos inquiétantes de fêtes organisées par des touristes au bord d’une piscine ou en rue. Pour quelques heures de détente, ne ruinez pas tous les efforts que nous avons dû fournir jusqu’à présent", insistait Sophie Wilmès.

La bulle de contacts à laquelle chaque citoyen a droit par semaine, sans obligation de se tenir à 1,50m de distance, reste fixée à 15 personnes. Les experts avaient conseillé de la réduire à 10 personnes, mais le CNS n’a pas suivi ce conseil. "Passer de 15 à 10 personnes aurait été un signal fort envers la population", regrette le virologue Marc Van Ranst (photo).

La Première ministre souligne cependant que chacun doit s’efforcer d’avoir moins de contacts sociaux, mais aussi avant tout de respecter à la lettre les règles de protection qui sont déjà en place. "Si tout le monde s’en tient à cette bulle de 15 personnes, alors nous pourrons conserver notre bulle sociale qui nous est tellement chère".

Villes et communes pourront prendre des initiatives propres

Comme nombre d’entre elles le réclamaient, les villes et communes seront autorisées à décréter des mesures de protection supplémentaires, “à la carte” en quelque sorte, en fonction de leur situation particulière. Il s’agit notamment ainsi de pouvoir endiguer des foyers de contamination qui sont apparus dans de nombreux endroits, en Flandre notamment.

De quoi peut-il s’agir ? De limiter ou interdire totalement les visites dans des maisons de repos et soins ou des hôpitaux, d’imposer un couvre-feu, d’interdire des rassemblements de foule, de fermer des cafés ou restaurants, de mettre certains quartiers voire communes entières en quarantaine.

Ces décisions devront toujours être prises en concertation avec le gouvernement fédéral et le gouverneur de province.

Pas d’assouplissement pour l’instant

La phase 5 du déconfinement est donc reportée à une date ultérieure au 1er août. Les foires et salons ne pourront donc pas encore être organisés, et le nombre de participants à des événements de masse (notamment sportifs et culturels) ne passe pas encore à 400 à l’intérieur et 800 à l’extérieur, mais demeure à la moitié de cela (200 et 400). Pas non plus d’invités supplémentaires aux réceptions après les cérémonies de mariage.

La Première ministre Wilmès (photo) a enfin réitéré les règles essentielles de sécurité sanitaire : respectez les règles d’hygiène (distanciation, laver les mains, port du masque), faites vos activités si possible à l’air libre, prenez des mesures de prévention supplémentaires face aux personnes à risque, limiter vos contacts rapprochés à 15 personnes par semaine, et si vous faites une activité de groupe ce dernier ne doit pas comprendre plus de 15 personnes.

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