Maisons de repos en Flandre : contact physique interdit, mais au moins un visiteur garanti

Alors qu’une seconde vague de contaminations au coronavirus se précise de jour en jour dans le pays, les centres résidentiels de repos et de soins en Flandre ne pourront plus fermer complètement leurs portes aux visiteurs cette fois. Les résidents devront pouvoir recevoir la visite d’au moins une personne fixe, afin d’éviter un isolement social. C’est là l’une des 95 recommandations sur lesquelles se sont accordés jeudi soir majorité et opposition au sein de la commission coronavirus au Parlement flamand. Des codes de couleurs fixeront les règles en matière de visites. La Flandre recommande aussi des stocks de matériel pour trois mois dans les maisons de repos et soins.

Donner la main, s'embrasser ou s'étreindre n'est à nouveau plus autorisé lors des visites dans les maisons de repos et de soins en Flandre, décidait jeudi la taskforce flamande relative aux soins (Vlaamse Taskforce Zorg). Maintenant que les chiffres du coronavirus sont à nouveau en hausse, des mesures supplémentaires ont été prises dans les maisons de repos et de soins.

Les visiteurs doivent ainsi notamment respecter la distance de 1,5 mètre au sein de leur propre bulle sociale. Les contacts physiques ne sont donc plus autorisés. Le port d'un masque reste, quant à lui, obligatoire.

De plus, il est recommandé que la visite ait lieu en plein air ou dans une zone spécialement désignée. Les visites en chambre resteront exceptionnelles. La cafétéria peut être occupée selon les règles qui s'appliquent également dans le secteur de l'Horeca, avec en outre la présence obligatoire d'un écran de protection entre le résident et le visiteur.

Les résidents qui souhaitent quitter l'établissement peuvent le faire s'il n'y a pas de foyer problématique dans la commune. Toutefois, ils doivent consulter la maison de repos et de soins, porter un masque et respecter la distanciation physique.

En cas de hausse localisée de l'infection, il est conseillé aux maisons de repos et de soins de contacter les autorités locales. Des mesures supplémentaires pourront alors être prises en concertation.

Et le texte demande que davantage d'attention soit accordée à la santé mentale des résidents de maisons de repos. Dans cette optique, il faudrait veiller à un règlement qui permette des visites, même minimales, en permanence. Ces derniers mois, l'isolement des victimes du coronavirus en maison de repos, mais aussi des résidents de centres résidentiels en général, a en effet causé beaucoup de souffrance, dans ces maisons mais aussi chez les proches.

sabine joosten

Des stocks de matériel pour trois mois

Chaque maison de repos devrait disposer à court terme de son propre stock roulant de matériel de protection (gants, masques, notamment) capable de couvrir au moins trois mois de fonctionnement, et la Flandre elle-même devrait prévoir un stock d'urgence pour trois mois supplémentaires, recommande la "commission corona" du Parlement flamand. "Personne n'aurait cru, aux débuts de cette commission, que l'urgence serait si vite à notre porte", a indiqué son président, Björn Rzoska (Groen).

La commission a mis sur papier un ensemble de recommandations à court et moyen terme. Le port de matériel de protection auprès de patients à risque, dans les soins aux personnes âgées, doit être obligatoire, estiment les parlementaires flamands. Pour maintenir le stock stratégique, il faudrait aussi des capacités de production locales, demandent-ils.

D'ici au 21 août, chaque institution devrait avoir son propre plan de route pour faire face à la seconde vague qui s'annonce. Une charge supplémentaire pour le personnel des lieux de soins, qui doit rapidement (dès 2021) bénéficier de meilleures conditions salariales et de travail, estiment aussi les parlementaires de la commission.

Ils ajoutent qu'il serait bon d'organiser avec le fédéral une plus grande flexibilité dans le personnel, permettant par exemple d'envoyer des travailleurs hospitaliers dans les maisons de repos ou d'embaucher des chômeurs temporaires.

Les recommandations abordent aussi la politique de dépistage: on conseille un testing régulier du personnel, spécifiquement à un retour de voyage.

Belga Image

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