Pourquoi y a-t-il plus de cas de contamination en Flandre qu’ailleurs dans le pays?

 

Sur la nouvelle carte de l’évolution de pandémie du coronavirus publiée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), la Flandre est désormais affichée en orange. La région flamande a en effet dépassé les 20 contaminations par 100.000 habitants ces deux dernières semaines. La Wallonie et Bruxelles restent, elles, en jaune. Mais qu’est-ce qui explique cette différence ? Eléments de réponse avec l’épidémiologiste de l’Université d’Anvers, Pierre Van Damme.

L’une des explications à cette situation se trouve tout d’abord dans la différence de densité de la population. "Celle-ci est quasiment deux fois plus importante en Flandre qu’en Wallonie", indique Pierre Van Damme. "Nous savons que ce virus aime la proximité des gens pour pouvoir plus facilement passer d’une personne à l’autre".

D’après l’épidémiologiste, le trafic international, qui a toujours été important au nord du pays, joue également un rôle. "La Flandre a des ports et de grandes entreprises", souligne-t-il. "Elle est également une région de passage pour beaucoup de personnes".

Une histoire de comportement

Selon Pierre Van Damme, une différence de comportement pourrait également avoir son influence sur le nombre de contaminations.

"D’après mes collègues francophones, les masques buccaux étaient déjà davantage portés en Wallonie qu’en Flandre lors de la période où ils n’étaient pas encore obligatoires. Peut-être que le sud a plus été influencé par la situation connue il y a quelques mois en Espagne ou en Italie ? C’est une possibilité, mais il faut être prudent car il est difficile de le prouver scientifiquement", ajoute-t-il.

Le cas anversois

Anvers est actuellement la ville la plus touchée par les contaminations. Ces 7 derniers jours, 406 nouveaux cas ont ainsi été détectés. Les explications de Pierre Van Damme semblent ici confirmer  les hypothèses avancées. "Anvers compte plus de 190 différentes nationalités, de très nombreuses entreprises internationales, une importante population, et une forte densité", souligne-t-il. "Cela peut donc aller très vite pour une infection qui se transmet par des gouttelettes. Il n’y a rien de surprenant".

Anvers subit selon lui le même sort que toutes les autres métropoles du monde. Il y a d’ailleurs de fortes chances que les autres villes du pays subissent bientôt le même sort. "Anvers est pour le moment un précurseur, mais nous allons probablement constater la même situation ailleurs dans les prochains jours ou les prochaines semaines, notamment à Bruxelles ou à Liège. C’est purement une question de temps et cela pourrait même rapidement changer pour la totalité du territoire", poursuit Pierre Van Damme. Alors que le virus reprend de la vigueur un peu partout, le reste de l’Europe pourrait, selon lui, également bientôt changer de couleur sur la carte de l’ECDC,

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