Le Conseil national de sécurité ramène la bulle sociale à cinq contacts fixes par famille

Réuni depuis 9h ce lundi matin, le Conseil national de sécurité a décidé de réduire la "bulle" de contacts autorisés à un maximum de 5 personnes par foyer. Ces 5 personnes, qui ne comprennent pas les enfants de moins de 12 ans, ne sont plus calculées par membre de la cellule familiale vivant sous le même toit mais donc bien par famille entière. La mesure entre en vigueur mercredi et durera jusqu’à fin août. Les événements de masse devront limiter à nouveau leur public. Le télétravail reste hautement conseillé, les courses devront être faites seul. "Ces mesures sont nécessaires pour éviter de devoir revenir à un confinement généralisé", précise le virologue Marc Van Ranst.

Le Conseil national de sécurité (CNS) a pris des mesures très strictes ce lundi, en suivant cette fois presque à la lettre les avis des experts, afin de donner un signal fort à la population et de tenter d’éviter une nouvelle flambée des contaminations dans le pays, face à laquelle seul un confinement généralisé comme nous l’avons connu entre mars et mai pourrait encore tenter de répondre.

“Les données épidémiologiques sont préoccupantes”, a d’emblée annoncé la Première ministre (photo principale) lors de la conférence de presse. Sophie Wilmès a ensuite détaillé ce qui inquiète tout particulièrement les autorités sanitaires : le taux de transmission du virus qui reste au-dessus de 1 depuis plusieurs jours, mais aussi des cas particuliers comme Anvers “qui vit en ce moment un embrasement épidémique important”, et enfin le fait que la charge virale du virus présente chez certaines personnes contaminées serait plus importante. Ce qui signifierait que ces malades seraient beaucoup plus contagieux

Quelles sont les principales mesures décrétées ce lundi par le CNS, qui doivent aussi éviter de mettre en péril la rentrée scolaire et académique de septembre ?

La bulle sociale est ramenée à un maximum de 5 contacts par foyer, pour une durée de quatre semaines, à partir de mercredi. Ce chiffre de 5 personnes ne compte donc plus "par semaine", comme la bulle de 15 contacts valable actuellement, mais ce sont bien les 5 mêmes personnes que chaque foyer devra considérer comme "contacts proches" jusqu'à la fin août.

"A partir du 29 juillet, et au moins pour 4 semaines, la bulle sociale sera réduite à 5 personnes fixes, pour une même famille, un foyer tout entier, sans compter les enfants de moins de 12 ans", a expliqué la Première ministre Sophie Wilmès en conférence de presse. Il s'agit des personnes que l'on peut voir en plus de sa propre famille, et avec lesquelles on peut avoir un contact rapproché, sans respect constant de la distanciation sociale.

"Pour tous les autres, il faut respecter en permanence les distances", insiste Sophie Wilmès. "Et il est toujours conseillé de porter le masque". Il s'agit d'une recommandation des experts de la Celeval, la cellule d'évaluation de la situation, "que nous suivons à la lettre", a-t-elle précisé. Jusqu'ici, une "bulle" de maximum 15 contacts rapprochés par personne et par semaine était de mise, sauf là où les autorités provinciales avaient décidé de réduire cette bulle à 10, comme à Anvers.

imago images/photothek

Pour ce qui est des évènements non encadrés - comme les rencontres avec famille et amis, les excursions - une nouvelle limite maximale de 10 personnes est instaurée, sans compter les enfants en-dessous de 12 ans. "Cette limite vaut aussi pour les réceptions, banquets et autres fêtes familiales", indiquait Sophie Wilmès.

Une exception vaut pour les camps d'été, stages, plaines de jeux, et autres activités encadrées (par exemple sportives), pour lesquels les règles ne changent pas. Pour les camps scouts, il s’agit par exemple de bulles de 50 personnes maximum.

Les événements de masse devront être annulés s’il y a le moindre danger. Sinon, ils devront se limiter à 100 personnes s’ils se tiennent à l’intérieur, et à 200 personnes quand ils se passent à l'extérieur.

Faire ses courses seul, mais l’horeca ne reçoit pas de nouvelles restrictions

Il faudra à nouveau faire ses courses seul ou en compagnie d'un mineur vivant sous le même toit, et ne pas passer plus de 30 minutes dans le magasin. Il s'agit de la même règle que celle qui était d'application pendant le confinement.

En revanche, si l'on attendait un durcissement des mesures concernant le secteur horeca, déjà impacté par la crise et ses retentissements, il n’en est rien : aucune nouveauté n'a été annoncée pour les bars et restaurants, pour lesquels on pressentait pourtant une heure de fermeture avancée à 22 heures ou 23 heures. Les boites de nuit restent par contre fermées.

La période des soldes est maintenue, à partir du 1er août, en sachant que le port du masque est obligatoire dans tous les magasins.

Dans le monde professionnel, le télétravail reste fortement recommandé quand c’est possible. La Première ministre a évoqué une possibilité de "rotations" de personnel au sein des entreprises quand le télétravail n'est pas possible.

Richard Brocken/HH

Renseigner ses coordonnées aussi pour un cours de sport

Le Conseil national de sécurité avait innové jeudi dernier en instaurant une règle voulant que les clients de l'Horeca renseignent leur nom et un moyen de contact avant d'aller s'asseoir à une table. Cette règle, censée permettre de rapidement prévenir les personnes concernées si on découvre qu'une personne malade était présente, sera élargie à d'autres situations.

Il y aura aussi "demande de contacts dans les établissements wellness et pour les cours de sport", a indiqué la Première ministre Sophie Wilmès. La liste complète des lieux où vaudra la même obligation que celle déjà valable dans l'Horeca sera publiée dans un arrêté ministériel.

Cet effort s’inscrit dans le cadre du "traçage de contacts". Via ce système, on espère stopper les chaînes de transmission du coronavirus en alertant les personnes qui ont été en présence, sans le savoir, d'une personne porteuse du virus. Le but est alors que ces personnes, potentiellement contaminées, puissent rapidement se faire dépister et éventuellement se placer en quarantaine.

D'autres petites adaptations ont été décidées lundi : au vu de l'évolution inquiétante de la situation épidémiologique en Belgique, il a été décidé de remettre à septembre la mesure d'octroi de trajets en train gratuits à la population. Cette idée avait été lancée le 6 juin. Le conseil ministériel restreint avait décidé ce jour-là d'octroyer à chacun "dix voyages SNCB" valables de juillet à la fin de l'année 2020. L'objectif était d'encourager le tourisme local, en période de déconfinement et vu aussi les difficultés économiques des acteurs touristiques. A la mi-juin, gouvernement et SNCB avaient annoncé s'être accordés sur les modalités pratique: un pass nominatif et sur demande, pour chaque citoyen à partir de 12 ans, avec 12 trajets sur une période de 6 mois. Le formulaire de demande en ligne, pour recevoir ce pass, était annoncé pour début août. Ce sera pour septembre.

laflor

Mesures locales et approche individuelle

Le CNS demande également aux autorités locales (provinces et communes) de prendre des mesures fortes si la situation d’évolution du virus sur leur territoire le nécessite. Sophie Wilmès indiquait notamment que la situation dans la métropole anversoise nécessite actuellement des mesures de prévention renforcées.

D’après le virologue Marc Van Ranst, c’est d’une sorte de lockdown dont Anvers a besoin actuellement pour faire retomber la poussée de contaminations qui inquiète.

Enfin Sophie Wilmès a demandé à tous les citoyens de prendre leurs responsabilités individuelles pour juguler la nouvelle hausse des contaminations. "Les mesures prises aujourd'hui sont très fortes, mais il faudra du temps pour constater leur effet sur la courbe épidémiologique, a rappelé la Première ministre, demandant aux Belges de ne pas baisser les bras. "Gardons à l’esprit que toutes ces mesures sont faites pour éviter un reconfinement."

Les plus consultés