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Nouveau Conseil national de sécurité ce lundi, "le plus important depuis mars" d’après Marc Van Ranst

Un nouveau Conseil national de sécurité (CNS) est prévu ce lundi dès 9h à Bruxelles, quatre jours seulement après le dernier en date, qui avait eu lieu jeudi dernier. De toutes parts, on s'attend à ce que les autorités décident de restreindre la "bulle" sociale des contacts autorisés, fixée actuellement à 15 personnes par semaine. Mais d'autres points seront aussi abordés, ont laissé entendre différents cabinets ministériels. On pourrait ainsi voir du changement pour le port du masque buccal, les magasins ou encore les événements de foule. Pour le virologue Marc Van Ranst (photo), attaché à la KU Leuven, il s'agit du "plus important CNS depuis mars". C’est à ce moment-là que le confinement avait été décrété. Deux gouverneures sont également conviées ce lundi matin.

"Nous nous attaquons" au problème des contaminations au coronavirus "plus tôt que lors de la première vague, mais nous voulons aussi l'arrêter plus tôt", souligne le virologue Marc Van Ranst. Selon lui, il est possible de changer le cours des contaminations en quatre semaines, pour "avoir les choses sous contrôle d'ici au 1er septembre, pour permettre un départ normal de l'année scolaire".

Samedi, la Première ministre Sophie Wilmès a annoncé que le CNS était avancé de quelques jours (il devait initialement avoir lieu en fin de semaine). Il servira à "envisager des mesures nationales supplémentaires", sur la base d'un nouveau rapport de la Celeval (cellule d'évaluation). A l'issue de la précédente réunion de jeudi, les experts avaient aussi trouvé que certaines mesures n'allaient pas assez loin, au vu des chiffres en constante augmentation, annonciateurs de la redoutée "deuxième vague" de la pandémie.

"Jusqu'à la nuit dernière, j'ai travaillé sur un rapport", expliquait Marc Van Ranst dimanche. Sciensano, l'Institut de santé publique, estime qu'il est temps d'insister sur l'application concrète des règles. "Il doit y avoir des signaux plus clairs des autorités", estimait dimanche aussi le professeur Boudewijn Catry (photo), qui est chef de service et porte-parole interfédéral Covid-19. Il faut éviter aussi de répéter des erreurs de la première vague, comme un confinement complet des résidents de maisons de repos, pointe-t-on.

"Et les mesures doivent pouvoir coexister. Prendre une nouvelle mesure ne peut pas être une excuse pour en éliminer une autre", ajoute le professeur Catry. Une réduction de la bulle de contacts, actuellement fixée à 15 personnes maximum par semaine, est l’une des décisions du CNS attendue ce lundi. "Mais cela ne sera pas suffisant", indiquait un cabinet ministériel à l’agence Belga.

Les sorties en magasin seraient aussi dans le viseur des autorités, car elles permettent trop de contacts interpersonnels, autant de risques potentiels de faire circuler le coronavirus. Il est aussi question d'une nouvelle limitation de l'affluence aux événements de foule.

Des gouverneurs de province, dont celle d'Anvers, invités au CNS

Les gouverneures des provinces d'Anvers et de Flandre occidentale, deux provinces particulièrement touchées actuellement par le coronavirus (surtout la première, qui comptabilisait près de la moitié des nouveaux cas belges le 22 juillet dernier), sont invitées à prendre part au Conseil national de sécurité avancé. Dimanche soir, un conseil ministériel restreint a eu lieu pour préparer ce CNS. En coulisses, l'impatience se fait sentir quant à l'attitude du bourgmestre d'Anvers Bart De Wever, dont la ville est clairement un noyau important de nouvelles contaminations.

"Je vais écouter quelles sont les nouvelles mesures proposées et aussi présenter ce que mes bourgmestres souhaitent", a indiqué dimanche soir Anne Martens, gouverneure faisant fonction de Flandre occidentale. "Plusieurs communes ont demandé de limiter la 'bulle' à 10 personnes", au lieu des 15 actuellement autorisées. La gouverneure attend aussi des instructions pour la gestion au niveau local. "Nous aimerions avoir des instruments objectifs, qui disent quelles mesures sont justifiées dans quelle situation", ajoute-t-elle.

Cathy Berx (photo), gouverneure d'Anvers, est également "invitée" ce lundi. Dans sa province, la cellule de crise qu'elle dirige a déjà décidé ce week-end d'instaurer pour quatre semaine une bulle fixe de 10 contacts maximum, dont on conseille de noter les coordonnées. La situation à Anvers interpelle en tout cas, et crée une certaine "impatience". A l'issue du CNS de jeudi, l'accent avait été mis sur le rôle crucial que devaient jouer les autorités locales. Les communes étaient ainsi encouragées à prendre "des mesures de précaution supplémentaires en concertation avec les Régions et les gouverneurs", en fonction de la situation épidémiologique propre à leur territoire.

La possibilité de la mise en place de confinements locaux était évoquée, à décréter donc par les autorités locales en cas de besoin. Tous les yeux étaient logiquement tournés vers Anvers, et vers son bourgmestre Bart De Wever. Dimanche, la ville a décidé de ne pas imposer le port du masque partout, mais bien le fait de l'avoir sur soi pour pouvoir le mettre là où il y a affluence. Dans certains cabinets ministériels, on a l'impression que le bourgmestre et président de la N-VA ne veut pas prendre ses responsabilités, en évitant des mesures impopulaires. Une pression viendrait notamment aussi de la part des libéraux francophones, notait la VRT.

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