"La situation à Bruxelles n’est pas loin de celle d’Anvers", s’inquiète le médecin en chef des Cliniques Saint-Jean

Le pourcentage de tests positifs au coronavirus est de plus en plus conséquent dans la capitale. Un constat qui inquiète le médecin en chef des Cliniques Saint-Jean dans la capitale, Kenneth Coenye.  "Je pense qu'une situation similaire à Anvers n'est plus très loin à Bruxelles", a-t-il déclaré mercredi soir lors de l'émission Terzake sur la chaine flamande Canvas (VRT). D’après lui, la plupart des patients qui viennent se faire tester ne présentent aucun symptôme.

"Nous réalisons environ 500 tests par semaine dans notre hôpital. Les derniers dix jours, nous avions environ 6,8% de résultats positifs. C'est presque dix fois plus que fin juin. Nous avions alors 0,8% de tests positifs, ce qui était alors aussi la moyenne nationale", a fait part Kenneth Coenye.

L’équipe de Terzake s’est également penchée sur les chiffres des autres centres bruxellois, où une augmentation de tests positifs est aussi constatée. A Anderlecht, il est question d'environ 7% de tests positifs. A Auderghem et Laeken, le pourcentage avoisine les 3 à 4%.

Des patients sans symptômes

"On parle ici de patients qui, pour la majorité, arrivent sans symptômes, et se font tester dans le cadre d’un voyage ou à la demande du centre de traçage", relève le médecin en chef des Cliniques Saint-Jean. "Ces gens n’ont donc pas de symptômes, et circulent assez librement dans la société".

Des populations similaires

Kenneth Coenye évoque une situation inquiétante dans la capitale. "Je pense qu'une situation à l'anversoise ici à Bruxelles n'est plus très loin. Il s'agit d'une population similaire dans le centre de Bruxelles que dans des zones d'Anvers où les problèmes se posent. Il s'agit de personnes qui souvent se réunissent en grand nombre sous le même toit et de personnes pour dont la vie se passe en large partie en rue. Cela signifie que dans ces concentrations de population, le virus se propage bien plus facilement".

Le médecin en chef confirme aussi qu'une large partie des personnes issues de l'immigration sont testées positives. "Nous avons beaucoup des gens avec la double nationalité qui souhaitent par exemple voyager vers le Maroc et se soumettent dès lors à un test. Des gens dans la trentaine ou la quarantaine. Notre plus grande crainte est que ces personnes infectent leurs parents ou leurs grands-parents".

Des mesures supplémentaires à Bruxelles ?

D’après le biostatisticien Geert Molenberghs, également interrogé sur le plateau de Terzake, il est probable que Bruxelles devra à son tour prendre des mesures supplémentaires.

"Ce qui ressort c’est que sur 100 tests effectués à Bruxelles, près de 7 sont positifs. Dans la ville d’Anvers, on en est environ à 9, et la province d’Anvers compte environ 3%. Quand ce chiffre monte au-dessus de 1%, cela constitue un signal que l’épidémie est relancée", indique-t-il.

"Il va falloir réfléchir à des mesures plus strictes pour Bruxelles aussi, mais j’imagine que les autorités vont le faire", souligne encore Geert Molenberghs. "Il faudra suivre la situation de très près, et si possible, passer à la vitesse supérieure. Nous verrons ce qu’il en sera dans les prochains jours", conclut-il.

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