"Il serait criminellement irresponsable de bloquer maintenant la formation d’un gouvernement"

Interviewé vendredi soir dans l’émission "Terzake" de la VRT, le président de la N-VA Bart De Wever (photo) - qui a vu sa mission de préformateur prolongée d’une semaine par le roi Philippe aux côtés de son homologue socialiste francophone Paul Magnette - lançait un appel aux partis libéraux Open VLD et MR pour qu’ils prennent leurs responsabilités et ne bloquent pas la formation d’une nouvelle coalition fédérale, dont le pays a cruellement besoin pour gérer la crise sanitaire sous toutes ses facettes. De Wever affirme qu’un accord n’a jamais été aussi proche, avec comme noyau une "bulle de cinq partis" : PS, SP.A, CD&V, CDH et N-VA. Il estime que l’échec de la formation d’un gouvernement fédéral de pleins pouvoirs n’est pas une option et serait criminellement irresponsable, vu les défis énormes engendrés par la crise.

Bart De Wever s’est dit convaincu - tant sur le plateau de la VRT que celui de la chaine commerciale VTM - que la "bulle de cinq partis" -PS, SP.A, CD&V, CDH et N-VA - peut former un gouvernement d'ici quelques semaines, mais cette bulle ne représente que 70 sièges et en a besoin de cinq de plus pour constituer une majorité. Face aux propositions des préformateurs, les libéraux flamands et francophones ont présenté leur propre note, "mais elle ressemble à programme électoral, avec beaucoup d’économies et de dépenses. Cela ressemble à une fable, pour faire impression sur les électeurs. Ce n’est pas comme cela qu’on forme un gouvernement", a ajouté De Wever.

Bart De Wever ne pense pas que la mission royale qu’il doit mener à bien avec Paul Magnette a déjà échoué. Et il se tourne vers les deux partis libéraux. "Nous avons maintenant un gouvernement Wilmès de 38 sièges. Une sorte de gouvernement Potemkine : la façade y est, mais quand on ouvre la porte, c’est le grand vide. Je ne peux pas imaginer que tous ceux qui siègent dans ce gouvernement vont manquer de sens de responsabilités pour affirmer qu’il faut continuer avec cette coalition-là".

Pour le président de la N-VA, le MR est le grand bénéficiaire de la situation politique actuelle qui lui assure sept ministres au fédéral, dont le poste de Premier ministre. Si le MR vient à la table des négociations, ce ne sera que pour les faire échouer, estime De Wever.

"Nous travaillons maintenant en vrai duo"

Sur le plateau de la VRT, Bart De Wever confirmait avoir progressé dans le travail avec son homologue Paul Magnette. "Un gouvernement est possible. Je le dis très sérieusement : nous avons une base et cela peut aller très vite. Le pays en a absolument besoin maintenant".

"Il serait criminellement irresponsable de bloquer cette formation », poursuivait De Wever. Le président des nationalistes flamands admet que son parti « n’est d’accord en rien avec le PS", mais que l’intérêt général prime. Une crise économique fera suite à celle du coronavirus, qui est loin d’être terminée. "L’échec n’est pas une option, en ce qui me concerne. Je suis décidé. J’ai travaillé jour et nuit avec Paul Magnette. Nous avons gagné la confiance l’un de l’autre”. De Wever estime qu’une solution n’a jamais été aussi proche.

Et le bourgmestre anversois ajoutait: “Nous travaillons maintenant réellement en duo, pour rédiger une note. Nous sommes déjà assez avancés. Je pourrais défendre cette note au congrès de la N-VA. Il n’est pas vrai que le PS y a fait inscrire des points sociaux en échange de points institutionnels. Dans chaque chapitre il y a un équilibre. C’est très important, car sinon nous ne parviendrons jamais à constituer une équipe autour de cette note".

Présentée aux autres partis, la note a permis de constituer déjà une "bulle de cinq partis", précisait Bart De Wever à la VRT. "Si je parviens finalement à atteindre un bon accord avec le PS, dans lequel je vois de bonnes choses du point de vue fiscal et économique, et que sur le plan institutionnel j’entrevois des perspectives pour la Belgique 2.0 que je souhaite, et que sur les autres thèmes il y a des textes desquels je peux être satisfait, et que de l’autre côté j’entends Paul Magnette dire "même chose pour moi", alors en ce qui me concerne on pourra parler d’un miracle. Et si cette bulle de cinq peut devenir une bulle de six, alors nous pourrons mettre sur pied en deux ou trois semaines un gouvernement fort qui pourra s’attaquer aux conséquences de la pandémie", concluait Bart De Wever.

Bart De Wever et Paul Magnette

"Le contenu proposé par la N-VA et le PS doit être ajusté"

Réunis ce samedi en bureau élargi, les libéraux flamands ont fait le point après les déclarations du préformateur Bart De Wever. "Ce que le PS et la N-VA avancent comme contenu sur le plan économique et institutionnel doit être adapté", a commenté samedi le président d'Open VLD, Egbert Lachaert (photo).

Les libéraux flamands restent par ailleurs soudés à leur homologue MR, soulignant que la "famille libérale reste disponible pour entamer des négociations avec les trois familles politiques traditionnelles et la N-VA".

Aux déclarations de Bart De Wever sur la note des libéraux francophones, le président du MR Georges-Louis Bouchez avait déjà déclaré vendredi soir : "Le problème c'est que cette note MR est une note MR-Open VLD", indiquant ainsi que les libéraux restaient unis dans cette séquence des pourparlers. Ce qu'ont donc confirmé ce samedi les libéraux flamands.

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