La période de soldes débute un mois plus tard, les stocks à écouler sont importants

Alors que les soldes - reportées d'un mois pour permettre aux commerçants de vendre à prix pleins un mois plus longtemps après des semaines de fermeture pendant le confinement - débutent ce samedi, "l'inquiétude est palpable et le découragement menace" les commerçants indépendants. L'Union des classes moyennes (UCM) tire la sonnette d’alarme. La période est "cruciale" pour rattraper le premier semestre de l'année, indique pour sa part Comeos, la fédération qui représente la plupart des chaînes de mode. Le secteur a perdu un milliard et demi d'euros à cause de la crise du coronavirus, précise-t-elle.

Les stocks de 85% des détaillants sont plus élevés qu'en 2019, à la veille des soldes, révèle une enquête réalisée par le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) auprès de plus 452 commerçants. "A peine 10% d'entre eux ont vendu 60% ou plus de leur collection", précise le syndicat. Les stocks restent importants, bien que les magasins aient réduit leurs achats, et en dépit d'offres conjointes durant ces dernières semaines.

Une autre enquête de l'UCM, qui a interrogé un échantillon représentatif de 656 commerçants indépendants, montre que les stocks sont plus élevés que l'an dernier pour 43% d'entre eux. Pour les consommateurs, "cela signifie qu'il y aura de bonnes affaires à réaliser dès les premiers jours", encourage l'UCM.

"Ce n'est pas étonnant", pour le SNI. Les détaillants "ont pour la plupart besoin à la fois de cash pour pouvoir payer leurs frais fixes et leurs factures mais aussi de 'se débarrasser' de leur stock qui constitue un capital immobilisé".

"Cette année en particulier, la période des soldes est cruciale car il y a beaucoup de stocks invendus en raison du confinement", souligne Kathy Bergen, en charge du secteur de la mode chez Comeos. Les chiffres d'affaires restent plus faibles malgré le redémarrage. "Reporter les soldes a été une mauvaise décision", exprime Kathy Bergen, en espérant que leur début donnera "un nouvel élan au secteur".

Les indépendants pessimistes

Les commerçants interrogés par l'UCM sont cependant pessimistes sur la question: 88% d'entre eux pensent que les ventes seront inférieures à celles de juillet 2019. Les mesures prises lundi par le Conseil national de sécurité constituent un "handicap supplémentaire" pour l'organisation. En raison d'un rebond de l'épidémie en Belgique, les consommateurs doivent en effet faire leurs courses seul, à l'exception d'un enfant mineur ou d'une personne ayant besoin d'assistance. Ils ne peuvent rester que 30 minutes maximum dans le magasin.

Les chaînes de vêtements ont signalé à Comeos qu'en mars, au début du confinement, le chiffre d'affaires des magasins était retombé à 37% de celui réalisé l'année dernière à la même période. Ce chiffre tombe à 10% en avril, pour remonter à 64% en mai. Le mois de juin a été quasi-normal, mais juillet chute à nouveau à 59% par rapport à l'an dernier. Les commerçants sont 88% à annoncer un chiffre d'affaires en baisse pour les six premiers mois de l'année, et même 76% en "forte baisse", indique l'UCM. Ce qui se répercute sur toute la chaîne: moins d'un tiers a maintenu ses commandes auprès de ses fournisseurs. Les autres ont annulé ou reporté.

Le SNI constate également que le chiffre d'affaires de plus de huit détaillants sur 10 est en baisse. "Au-delà des soldes, l'avenir est inquiétant", alerte l'UCM. Seul un commerçant sur quatre n'a pas de problèmes de liquidités. Ils sont 18,5% à estimer avoir besoin de plus de 20.000 euros pour survivre.

L'UCM appelle les autorités à prévoir les aides nécessaires. Elle espère également que les consommateurs soutiendront les commerces de proximité et rappelle que faire ses courses à deux reste possible sur rendez-vous. Faire les soldes cette année sera "un geste citoyen pour aider un secteur en grande difficulté", conclut le Syndicat neutre pour indépendants.

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