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Les eaux usées seront analysées à Louvain pour détecter le coronavirus

Un projet pilote a été lancé à Louvain (Brabant flamand) pour surveiller la présence du nouveau coronavirus dans les eaux usées et le détecter de façon précoce. C’est ce qu’ont indiqué vendredi l'Université de Louvain (KU Leuven) et les autorités de la Ville. Elles veulent ainsi pouvoir intervenir rapidement et éviter une nouvelle flambée du nombre de contaminations, avant même que les citoyens aient pu être testés.

Dans la ville universitaire brabançonne, le nombre de nouvelles contaminations n’est pas encore trop élevé. Raison de plus, estiment les instigateurs du projet de détection précoce, pour agir préventivement.

"En analysant les eaux usées, nous voulons détecter si et dans quelle mesure la population d'une zone déterminée est contaminée, avant même une hausse du nombre de tests positifs au Covid-19", explique Bert Aertgeerts, de la KU Leuven, qui mène le projet avec des professeurs de l'Université d'Anvers (UAntwerpen). "Une partie des personnes infectées a des particules virales dans le système digestif. Ces particules sont ensuite excrétées et finissent dans les eaux usées."

Louvain veut effectuer des mesures dans des zones résidentielles denses, des centres de soins et tout autre endroit où le risque d'une propagation rapide du virus est grand. "Le projet est dans une phase pilote. Si cela fonctionne, il s'agira d'un système d'alerte précoce rapide et relativement bon marché, aussi bien pour de grandes régions que pour un hôpital ou un centre de soins par exemple", estime Bert Aertgeerts.

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Des échantillons plusieurs fois par semaine

Des échantillons seront prélevés en divers endroits du réseau d’égouts, plusieurs fois par semaine et pendant toute la journée. Les eaux usées de l’hôpital Gasthuisberg seront aussi contrôlées. Les échantillons seront ensuite analysés dans les laboratoires de l’institut Rega de la KU Leuven. "Les résultats des analyses seront particulièrement intéressants parce que nous pouvons les mettre en relation avec le nombre connu de patients contaminés dans l’hôpital", indique Elke Wollants, directrice du laboratoire de l’institut Rega.

"Pour nous, le mot-clef est la prévention. Il vaut mieux prévoir que guérir", souligne le bourgmestre de Louvain, Mohamed Ridouani (photo). "Le système permettra aussi de tracer les personnes contaminées qui ne présentent pas (encore) de symptômes. C’est très important, car elles peuvent être très contagieuses".

"Nous continuons à investir dans la prévention, la collaboration et l’attention aux autres. Trois principes qui sont le fondement de l’approche louvaniste ». Avec ses partenaires locaux, Louvain met actuellement en place un plan de prévention comprenant une détection précoce, du traçage de contacts, un accompagnement intensif des patients et des mesures préventives".

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