L'Ancienne Belgique suspend sa collaboration avec 200 travailleurs externes

La salle de concerts bruxelloise Ancienne Belgique (photo) a mis fin à sa relation avec plus de 200 collaborateurs externes, ce qui représente 30 équivalents temps plein, en raison de l'impact de la crise sanitaire sur ses activités. L’AB publiait ce lundi un communiqué annonçant sa difficile décision. Il s'agit notamment de monteurs de scène, d'agents de sécurité, de collaborateurs horeca, de techniciens indépendants, de personnel de cuisine backstage ou encore de nettoyage qui voient leur collaboration (souvent de longue date) avec l’Ancienne Belgique prendre fin.

"Pour la plupart, l'AB constituait depuis longtemps une source de revenus importante, voire primordiale. Ces très nombreux collaborateurs, qui ont toujours joué un rôle majeur dans le fonctionnement de la maison, se préparent désormais à des lendemains très sombres au sein de leur branche d'activité", se désole la célèbre salle du centre de Bruxelles.

"Hélas, cette intervention dans le domaine de l’emploi n’est jamais qu’un exemple des multiples et profondes répercussions de la pandémie sur le secteur musical et événementiel, hier encore si florissant. Nombreuses sont les personnes et entreprises de sous-traitance qui, depuis le début de la crise, subissent des pertes de revenus inédites. Partout sur le terrain, les conséquences néfastes se font d’ores et déjà sentir".

"Au sein de l’AB, nous plaçons tous la santé et la sécurité des artistes, des crews et de notre vaste public en tête de nos priorités. L’AB est résolue à prendre ses responsabilités et veut faire tout son possible pour arrêter le virus. C’est ainsi qu’elle a développé une feuille de route en collaboration avec l’oKo (Overleg Kunstenorganisaties), fédération qui travaille elle-même en étroite relation avec le GEES et le cabinet Culture".

"Le secteur de la culture a besoin d’une perspective claire"

L'AB, qui a gardé portes closes depuis le concert de "Testament" le 10 mars dernier, souligne "tout mettre en œuvre" pour implémenter les mesures de sécurité préconisées par le groupe d'experts sur le déconfinement. "C’est donc non sans amertume que nous constatons que d’autres filières (comme l’aéronautique), pourtant confrontées aux mêmes risques sanitaires, peuvent redémarrer librement sans tenir compte des distances de sécurité (1,5 mètre), alors que notre secteur encaisse coup sur coup".

"En ces temps de crise, le secteur de la culture tout entier a besoin d’une perspective claire pour pouvoir redémarrer. Mais l’avenir s’annonce bien peu radieux et nous craignons tous qu’une véritable relance ne soit possible avant l’été 2021 (selon le scénario le plus optimiste), comme il a d’ailleurs été confirmé récemment lors d’une audition sur l’évaluation de la politique corona au Parlement flamand", indiquait aussi Marc Vreebos, directeur intérimaire de l’AB, à VRT NWS.

"C’est pourquoi nous vous appelons instamment à soutenir LIVE2020, le fonds de solidarité pour la musique live en Belgique. L’objectif de LIVE2020 est d’appuyer les initiatives de relance et de contribuer à l’organisation de concerts, même si c’est à perte. Quelles que soient les aides proposées par les autorités, ce fonds est d’une importance vitale pour la survie de notre secteur. Il est indispensable que nos artistes puissent continuer de jouer et que l’AB puisse continuer de séduire son public avec de nouvelles musiques", conclut le communiqué.

AFP or licensors

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