Le ministre De Crem veut bannir les fauteurs de troubles de toute la Côte

Le ministre de la Sécurité et de l'Intérieur Pieter De Crem (CD&V) a reconnu mardi lors d'un échange de vues avec les députés de la commission Intérieur qu'il n'est pas souhaitable de sanctionner tous les touristes d'un jour souhaitant se rendre à la Côte belge pour les actes de certains jeunes qui y sont à l'origine d'incidents ces derniers jours.

Plutôt que d'interdire aux touristes d'un jour de profiter des plus populaires stations de la Côte, le ministre est favorable à l'imposition, administrative ou judiciaire, d'"interdictions de lieu" aux personnes identifiées comme fauteurs de troubles. "Je vais prendre des mesures pour qu'une interdiction de lieu puisse être décrétée pour toute la Côte", a-t-il annoncé aux députés, "et si nécessaire aussi pour les domaines récréatifs". "Mais une telle mesure ne pourra pas être prise dans les 15 jours qui viennent", a ajouté le ministre.

Interrogé par Belga, le ministre détaille son idée, espérant pouvoir "rapidement" la concrétiser à travers une "initiative législative": que l'on impose une interdiction de lieu aux personnes condamnées, ainsi qu'à ceux qui ont reçu une amende administrative pour non-respect des règles, interdiction de lieu qui vaudrait temporairement à des périodes spécifiques, comme les week-ends de vague de chaleur ou la saison touristique. Elle pourrait être contrôlée dans la commune de domicile de la personnes contrôlée, par exemple via une autorisation de se signaler aux autorités.

"On ne peut punir les nombreuses personnes qui ont le droit de se déplacer vers la Côte pour les agissements d'une vingtaine, ou un peu plus, de trouble-fêtes", réagit-il. C'est pour cela entre autres qu'il s'est opposé à une éventuelle fermeture des gares plaidée durant le week-end par certains bourgmestres, explique-t-il.

Parmi les membres de la commission Intérieur, le socialiste Hervé Rigot et Gaby Colebunders (PTB) s'étaient faits les plus vocaux pour fustiger une certaine récupération des évènements du week-end au détriment d'une certaine forme de "tourisme populaire, les "touristes au frigobox", ceux qui ne sont "pas assez riches" pour rester plusieurs jours sur place ou y avoir une seconde résidence.

Blankenberge maintient qu'il y a trop d'arrivées en train

Les autorités locales de Blankenberge ont fait savoir mardi ne pas être d'accord avec les déclarations du ministre de l'Intérieur Pieter De Crem (CD&V) le matin-même en commission, au sujet de la bagarre de samedi après-midi dans cette commune côtière. Blankenberge maintient que son plan de gestion de la plage, imaginé dans le cadre de la pandémie de Covid, fonctionne bien, mais que les trains de la SNCB ont amené trop de touristes.

La cellule de crise locale de Blankenberge se réunissait mardi pour discuter de l'incident. "Nous avons tout discuté et évalué", indique Nico Germonprez, coordinateur des plans d'urgence pour la ville.

Le ministre De Crem a laissé entendre en commission de l'Intérieur qu'on avait perdu du temps samedi, avec une intervention de la police plusieurs heures après les premiers signalements d'un risque de troubles. Il pointait aussi que la plage est courte et étroite à marée haute, et qu'il aurait fallu prévoir cette réduction d'espace. "L'origine de l'incident, ce sont les fauteurs de troubles. Si nous les avions retenus à la gare, ils se seraient battus là. Cela n'avait pas grand-chose à voir avec le nombre de personnes sur la plage", rétorque Nico Germonprez.

La ville continue de critiquer ce qu'elle estime être un afflux trop important de citoyens via le train.

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