Les travailleurs du secteur culturel et événementiel expriment leur détresse

Pour de nombreux travailleurs du secteur culturel et évènementiel la situation n’est plus tenable, il ne parviennent plus à tenir la tête hors de l’eau, alors qu’avec les mesures sanitaires, il n'y a toujours aucune perspective de redémarrage. Dans de nombreuses communes des évènements de moindre envergure ont aussi été annulés en raison de l'augmentation des chiffres de contamination.

Par la campagne "sound of silence" démarrée sur les réseaux sociaux, les organisateurs d'événements, maisons culturelles, travailleurs du secteur et sympathisants dénoncent "leur impuissance", le manque de perspective et le silence des autorités. Une croix orange barre leur photo de profil. Cette campagne "Sound of silence" – avec les initiales du cri de détresse S.O.S.- veut unifier le secteur et parler d’une seule voix. Souvent, les free-lances concernés travaillent pour différentes entreprises et sont moins susceptibles de trouver un point de contact. Et le fait de ne pas être entendu est un gros problème en temps de crise.

Le secteur de l'événementiel continue également de réclamer de l'attention pour sa situation, car de nombreuses autorités locales ont interdit tout événement pour les mois à venir. Actuellement, le Conseil National de sécurité a décidé que les événements culturels ne pouvaient accueillir que 100 personnes à l'intérieur ou 200 à l'extérieur. Dans les deux cas, les participants doivent porter un masque et respecter les règles de distance sociale. Cette semaine, la province d'Anvers a décidé d'autoriser à nouveau les événements qui respectent ces règles. La cellule de crise du secteur culturel appelle les autres autorités locales à suivre cette décision.

En tout cas, le secteur veut se mettre au travail le plus rapidement possible, car une catastrophe financière risque d’intervenir. Selon une étude du bureau d’analyse des données d’entreprises Graydon publiée le week-end dernier, 34 % des principales sociétés qui organisent des événements en Belgique, se trouveront en situation de faillite d’ici la fin de l’année à cause de la crise du coronavirus et malgré les mesures d’aide existantes. Avant la crise du coronavirus, la majorité de ces entreprises étaient en bonne santé financière. C'est pourquoi le secteur continue d'insister sur deux choses : un plan de sauvetage financier et une perspective d’avenir.

La VRT a recueilli le témoignage de 4 acteurs du secteur culturel et événementiel : Thomas Renard (25 ans) est un guitariste freelance. Il venait de commencer sa carrière l'année dernière, comme musicien professionnel. Il s'est rabattu sur quelques heures en tant que professeur dans une académie de musique. Par pur besoin alimentaire, il est allé travailler dans une entreprise de nettoyage et a désinfecté des chariots de supermarché.

Pepijn Mesure (30 ans) est ingénieur du son et travaille dans le monde du théâtre depuis 8 ans, et combine cela avec toutes sortes de missions dans le monde de la musique. En tant que directeur de tournée, il accompagne divers artistes lors de concerts. Sans travail depuis mars il s’est rabattu sur le secteur horeca puis dans l'installation de panneaux solaires.

Griet De Blende est la directrice de l’agence "Rumoer" depuis 11 ans. Avec ce bureau de réservation, elle s'assure que "ses" 22 artistes puissent se produire. Selon elle, nous sommes parfaitement capables d'organiser des événements en respectant les règles sanitaires. Nous pouvons le faire mais ils ne nous laissent pas le faire.

Maarten Dever (35 ans) est éclairagiste pour des artistes comme Selah Sue, Milow, Bazart et Hooverphonic et possède une société de location de matériel audiovisuel. Il a également vu toutes ses commandes fondre comme neige au soleil à partir du mois de mars : une perte de 95% de ses revenus par rapport à l'année dernière. "Ces 5% qui restent sont de la bonne volonté car certains artistes ont tenté de faire quelque chose au début de l'été » En tant que travailleur indépendant, il a droit à un crédit relais mais avec cela il ne pourra pas tenir longtemps.

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