Le Roi poursuivra ses consultations mardi, Bart De Wever regrette "le manque de courage politique"

Le Roi verra les autres présidents de parti mardi. Il commencera ses consultations à 9h par le président de l'Open VLD, Egbert Lachaert, suivi de son alter ego francophone, Georges-Louis Bouchez, à 10h, des co-présidents d'Ecolo, Jean-Marc Nollet et Rajae Maouane, à 11h, de la présidente de Groen, Meyrem Almaci, à 12h, et du président de DéFI, François De Smet, à 13h.

Le chef de l'Etat tient depuis lundi midi la démission des préformateurs Paul Magnette (PS) et Bart De Wever (N-VA) en délibéré. Il a entamé un tour de consultation des présidents des formations politiques impliquées dans les discussions en vue de former un gouvernement depuis les élections. Le président du CD&V, Joachim Coens, est le premier à avoir été reçu, suivi de son homologue du SP.A, Conner Rousseau, et d'un entretien avec le président du CDH, Maxime Prévot, à 16h.

Conner Rousseau : "Ce serait vraiment dommage de repartir de zéro"

Les discussions politiques ne peuvent repartir de zéro, estime le président du sp.a, Conner Rousseau, après que les préformateurs Paul Magnette (PS) et Bart De Wever (N-VA), ont présenté leur démission au Roi.

"Des efforts énormes ont été fournis. Ce serait vraiment dommage de repartir de zéro. On ne pourrait pas l'expliquer aux gens", a déclaré le président des socialistes flamands lors de son arrivée au Palais royal. Conner Rousseau a fait remarquer qu'il avait enfin été possible de rassembler le PS et la N-VA. "J'appelle chacun à surmonter ses propres intérêts", a-t-il ajouté.

Bart De Wever exprime ses regrets devant le manque de courage politique

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a regretté lundi le manque de courage politique qui, selon lui, a provoqué l'échec de sa mission avec son homologue du PS, Paul Magnette. Il n'a toutefois pas visé nommément le parti qui s'en serait rendu coupable.

"On avait encore besoin d'un seul parti pour former un gouvernement majoritaire de plein exercice, un gouvernement d'une durée limitée mais avec un programme clair et fort où chaque parti compte et peut compter sur la confiance des autres (...) Je regrette profondément que le courage politique fasse encore défaut pour arrêter enfin le carrousel de la formation gouvernementale", a-t-il déclaré dans une courte vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Cinq partis - PS, SP.A, CDH, CD&V et N-VA - étaient prêts à considérer comme un point de départ d'une négociation l'"accord de base" auquel étaient parvenus socialistes francophones et nationalistes flamands. "L'accord n'était pas à prendre ou à laisser mais offrait une base solide et donc une grande chance de succès. Je pense que l'on aurait pu faire un accord solide. Je sais que conclure un accord est plus difficile que de torpiller une solution ou de crier depuis le banc de touche", a expliqué Bart De Wever.

L'accord prévoyait notamment de stimuler l'économie et l'emploi par une baisse des impôts, d'augmenter le pouvoir d'achat par des mesures sociales, comme le relèvement des basses pensions, notamment pour les indépendants, de relever le défi climatique par la prolongation d'une capacité nucléaire, et enfin ouvrait la porte à une réforme de l'État.

Ce dernier point, cher aux nationalistes, reposait sur un renforcement des entités fédérées, "niveau démocratique qui fonctionne" alors qu'au fédéral, les affaires courantes sont devenues "le cours normal des choses".

Le dirigeant nationaliste a commencé son allocution par les "jours sombres" qui attendent le pays et les défis qui se posent à lui, en particulier le coronavirus et le Brexit. "Des milliers d'entrepreneurs se battent pour la survie de leur affaire, les revenus de dizaines de milliers de ménages sont en jeu. Personne n'en sentira plus les effets que les Flamands", a-t-il averti.

Les plus consultés