Les eaux usées pourraient permettre de détecter la propagation du coronavirus

Une équipe de chercheurs des universités d’Anvers, Louvain et Gand, mais aussi de la société flamande de traitement des eaux Aquafin et de l'Agence flamande de l'environnement (Vlaamse Milieumaatschappij) étudie si la surveillance des eaux usées en Flandre pourrait être utilisée comme système d'observation pour cartographier les contaminations au coronavirus. Le groupe espère que cette surveillance pourra être utilisée systématiquement et à grande échelle afin d'identifier rapidement les foyers de contamination, a annoncé Aquafin dans un communiqué.

Le coronavirus pénètre dans les eaux usées par le biais des excréments humains. De là, il est acheminé vers l'une des 300 stations d'épuration d'Aquafin. La littérature scientifique récente indique que la surveillance régulière des eaux usées pourrait fournir une idée de la propagation du virus et de l'augmentation ou de la diminution du nombre de contaminations au sein de la population.

La propagation serait visible dans les eaux usées jusqu'à six jours avant l'apparition des symptômes du virus. "Cela fait de la recherche sur les eaux usées un outil précieux pour détecter rapidement une éventuelle résurgence du virus et pourrait permettre d'intervenir sans tarder", indique le professeur Alexander Van Nuijs de l'université anversoise (UAnvers).

"En tant que système d'observation précoce, il pourrait s'ajouter, notamment, aux dépistages des patients et au nombre d'admissions à l'hôpital, afin de suivre l'évolution des contaminations", ajoute la professeure Lies Lahousse de l’université gantoise (UGent). Le consortium de chercheurs étudie actuellement la question.

Un projet pilote en ce sens avait déjà été lancé à Louvain (Brabant flamand) au début du mois d’août.

Les échantillons de 24 heures prélevés par l'UAnvers et la KU Leuven dans plusieurs stations d'épuration d'Aquafin à l'automne 2019 ont été conservés. Ils feront l'objet d'un examen plus approfondi après l'optimisation de la méthode d'analyse. "Nous allons ensuite traiter statistiquement les données et examiner dans quelle mesure les résultats correspondent aux données épidémiologiques disponibles, telles que le nombre de contaminations et d'admissions à l'hôpital", explique le professeur Peter Delputte (UAnvers).

L'Agence flamande pour les soins et santé (Agentschap Zorg en Gezondheid) se penche sur cette étude afin de définir une méthode de travail autour de la surveillance des eaux usées en Flandre. À terme, cette dernière pourrait être utilisée en tant qu'"indicateur précoce" supplémentaire dans le suivi de l'épidémie.

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