Selon l’avocate des policiers mis en cause à l’aéroport de Charleroi "ses clients n’ont rien à se reprocher"

Me Hayat Karim, avocate de trois des policiers soupçonnés d'être responsables de la mort de Jozef Chovanec, 38 ans, a confié vendredi que "ses clients n'ont rien à se reprocher et qu'aucun élément ne démontre, à l'heure actuelle, qu'ils sont responsables de la mort de la victime." Jozef Chovanec est décédé en février 2018 après avoir été interpellé par la police à l'aéroport de Charleroi. Selon les proches de la victime, l'attitude des policiers a eu une influence sur le décès du trentenaire.

Le 23 février 2018 à l'aéroport de Charleroi (BSCA), Jozef Chovanec, 38 ans, avait posé des difficultés au personnel lors de son embarquement vers Bratislava, en Slovaquie. La police fédérale aéroportuaire avait été requise pour le maîtriser, mais le passager s'était rebellé sur le tarmac. Placé en cellule dans les locaux de la police fédérale, il s'était porté des coups violents, obligeant les policiers à intervenir de nouveau pour le maîtriser. Lors de cette opération, l'individu avait fait un arrêt cardiaque avant de décéder quelques jours plus tard.

L'affaire, en cours d'instruction depuis deux ans, a rebondi mercredi avec la diffusion des images de vidéosurveillance de l'intervention policière. Me Kayat Karim, avocate de trois des policiers intervenus au sein de la cellule, a réagi face aux accusations d'une intervention policière plus que musclée. "Cette affaire est à l'instruction depuis deux ans. Jusqu'à maintenant, aucun élément et aucune preuve dans le dossier ne démontre que mes trois clients (deux hommes et une femme) que l'on voit sur la victime sont responsables du décès de cette personne."

"Il faut laisser la justice faire son boulot"

Selon l'avocate, l'intervention policière s'est déroulée dans les règles. "Monsieur Chovanec représentait un danger pour lui-même et pour autrui. Mes clients ont fait usage de la force de manière stricte et proportionnelle pour maîtriser l'individu." La justice a, selon Me Kayat Karim, effectué un travail sérieux dans ce dossier. "L'instruction menée a été extrêmement minutieuse. Toutes les personnes qui devaient être entendues dans le cadre du dossier l'ont été. Il faut arrêter de dire que l'affaire n'est pas prise au sérieux."

Les proches de la victime, qui se sont constituées partie civile, souhaitent voir l'enquête avancer et considèrent que l'instruction traîne. "Il ne faut pas oublier que la partie civile a sollicité plusieurs devoirs complémentaires. Si le dossier avait démontré un mauvais comportement de mes clients, il est sûr et certain qu'on aurait réagi autrement dans ce dossier", a répliqué Me Kayat Karim.

L'avocate des trois policiers a réitéré sa confiance envers la justice. "Il faut arrêter de se faire justice via la presse. Il faut laisser la justice faire son boulot. Jusqu'à maintenant, mes clients sont toujours policiers et n'ont pas fait l'objet de mesures disciplinaires."

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