Il y a 25 ans, An et Eefje étaient enlevées: Paul Marchal s’est confié à la VRT

Ce dimanche, cela fait 25 ans, jour pour jour qu'An Marchal et Eefje Lambrecks étaient enlevées par Marc Dutroux à Ostende. Leurs corps ont été retrouvés plus d'un an plus tard à Jumet près de Charleroi. Paul Marchal, le père d’An, est revenu sur cette tragédie. "25 ans après, je ne pensais pas que ce serait encore si difficile", a-t-il confié à la VRT.

Ce dimanche, une commémoration pour An et Eefje avait lieu dans le parc de la ville de Hasselt (Limbourg). Depuis tout ce temps, beaucoup de choses se sont passées, mais certaines blessures ne cicatrisent jamais. C’est le cas pour le père d'An, Paul Marchal, qui devait prendre la parole lors de cette commémoration. "Il est important, pour la société, d'y repenser un moment, afin que les nouvelles générations soient également confrontées au passé et puissent en tirer des leçons", a-t-il déclaré dans l’émission "De ochtend" sur Radio 1.

"Même après 25 ans, c’est toujours difficile d'en parler et de lire des articles sur le sujet. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit si difficile après 25 ans. C’est très dur. C'est une bonne chose que l’on en parle, également à l'avenir, mais pas trop".

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Selon Paul Marchal, en 25 ans, beaucoup de choses ont changé en bien dans la justice. "J'ai l'impression que ça s'est amélioré. Les victimes et leurs proches bénéficient désormais d'une plus grande attention, ils ont davantage leur mot à dire, ils ont davantage accès au dossier. Il y a maintenant aussi plus d'interprètes, le service d'aide aux victimes a été mis en place, il y a eu la création de Child Focus..."

La libération anticipée des complices de Marc Dutroux aura été très difficile pour lui. " Si Michelle Martin et Michel Lelièvre ne doivent pas purger leur peine de prison pour de bon, qui doit le faire ? Je comprends qu’il faille donner une perspective aux détenus, et on peut le faire. Mais pas dans leurs cas cela va trop loin".

"Ma proposition serait qu’un prolongement de la peine intervienne comme punition si le détenu ne se comporte pas bien en prison, mais pas de libération anticipée s’il se comporte correctement. Il faut inverser le système. Laissez-les en prison et donnez-leur la perspective qu'ils seront libérés à la fin de leur peine. Du moins s'ils se comportent bien. Si ce n'est pas le cas, ils resteront enfermés plus longtemps. Pas pour tous les détenus, mais dans ce cas-ci oui".
 

"Nous devons penser à nos petits-enfants"

Paul Marchal veut être prudent avec les commémorations et veut aussi penser à ses enfants et à ses petits-enfants. "Nos petits-enfants ne doivent pas avoir peur, mais nous ne voulons pas non plus que ces événements soient oubliés", a-t-il confié à Radio 2 Limburg (VRT). "Il faut leur donner une place correcte et positive. Ils doivent savoir que leur grand-mère et leur grand-père ont fait en sorte que les victimes aient un meilleur statut. Ce doit être l'idée sous-jacente. Et c'est positif, je pense".

"Nous tentons aujourd’hui de voir les choses sous un angle positif. Le plaisir est plus difficile, mais nous voulons faire en sorte que nos enfants et petits-enfants aient une bonne vie. Ils nous font beaucoup de bien. Nous devons nous tourner vers l'avenir, et ils représentent l'avenir. Mais cela ne veut pas dire que tout est comme avant. Ce n’est pas normal de perdre un enfant, et certainement pas dans de telles circonstances. Donc cela va rester en nous pour toujours."
 

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