Décès de Jozef Chovanec : "Jan Jambon et la police fédérale étaient au courant"

L’ancien ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), avait été mis au courant du décès du passager slovaque Jozef Chovanec en juillet 2018. C’est ce qu’a affirmé son successeur, Pieter De Crem (CD&V), mercredi devant les commissions de l'Intérieur et de la Justice de la Chambre. Jozef Chovanec, 38 ans, est mort à l'hôpital en février 2018, quelques jours après une intervention à l'aéroport de Charleroi. Cinq policiers avaient essayé de le retenir dans sa cellule et une policière a fait un salut hitlérien, comme on peut le voir sur les images diffusées la semaine dernière. Deux officiers de police de haut rang ont déjà fait un pas de côté à la suite de cet incident.

Le ministre des Affaires étrangères, Philippe Goffin (MR), a informé mardi Pieter De Crem de la réception le 2 juillet 2018 de l'ambassadeur de Slovaquie par un directeur du SPF Affaires étrangères à propos du décès de M. Chovanec en février, après une intervention à l'aéroport de Charleroi. 

Au cours de cet entretien, l'ambassadeur a déclaré qu'il avait déjà eu un contact avec Jan Jambon. Le 4 juillet, un rapport de l’entretien a été transmis au chef de cabinet du ministre de l’Intérieur de l’époque. Pieter De Crem a précisé que précédemment, le 2 mars, l'ambassadeur aurait été reçu au cabinet de Jan Jambon. 

Instruction toujours en cours

La police fédérale était par ailleurs bien au courant du décès du ressortissant slovaque mais pas des images vidéo de l'intervention des policiers qui l'ont maîtrisé. Celles-ci avaient été saisies par la justice dans le cadre de l'instruction judiciaire. 

L'instruction est toujours en cours, a indiqué de son côté le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V). Les services d'enquête du Comité P, à la demande du juge d'instruction, ont entendu une soixantaine de personnes. La partie civile a eu accès au dossier d'instruction à sept reprises et, à deux fois, a sollicité des devoirs d'enquête complémentaires. Elle a également produit une contre-expertise qui a mené, le 23 août, à la désignation d'un expert psychiatre. Mercredi, la juge d'instruction a décidé de procéder à une reconstitution.

Le cabinet Jambon va investiguer

Les commissions de l'Intérieur et de la Justice de la Chambre entendront l'ex-ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), à propos de sa connaissance des faits. Le cabinet actuel de Jan Jambon, devenu depuis lors ministre-président flamand, a fait savoir qu’il allait investiguer. "Le ministre donnera ensuite toutes les informations nécessaires à la commission".

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