Les élèves de maternelle souvent discriminés par les écoles flamandes sur base de leur origine ou leur statut social

Les enfants de maternelle sont souvent discriminés par les écoles flamandes sur base de leur nom ou de leur origine. C’est ce que révèle une enquête menée par la VUB et l’Université de Gand (UGent). Les parents d’origine étrangère ont ainsi jusqu’à 30% de chance en moins d’être invités à inscrire leur enfants. Les parents plus précarisés sont également mois souvent appelés par les écoles. 

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs des universités bruxelloise et gantoise ont envoyé un courriel à plus de 2.000 écoles néerlandophones de Flandre et de Bruxelles. "C’est la première fois que cela arrive, il s’agit d’un large échantillon", commente Peter Stevens de l’UGent. 

Les chercheurs se sont faits passer pour des parents d’enfants en âge d’intégrer une classe de maternelle. Ils ont dans ce cadre demandé plus d’informations sur la procédure d’inscription, ainsi qu’une visite personnelle de l’établissement. 

Dans les e-mails envoyés, des noms à consonance belge, sub-saharienne et maghrébine ont été employés. Certains prétendus parents s’affichaient, selon le vocabulaire utilisé, comme étant de la classe moyenne, et d’autre du milieu ouvrier. 

30% de chances en moins

La plupart des parents ont reçu une réponse à leur courriel. Celle-ci était toutefois loin d’être toujours la même. "Les parents de classe moyenne et totalement néerlandophones ont plus de chance d’être invités par une école et d’obtenir une visite que les parents issus de la classe ouvrière ou d’un groupe minoritaire", a pu constater Peter Stevens.  

D’après les résultats, les parents d’origine belge avaient ainsi 70% de chance de pouvoir inscrire leur enfant, contre respectivement 40 et 38% pour les parents d’origine sub-saharienne et maghrébine. 

"C’est très dommage d’en arriver à ces conclusions", commente le chercheur de l’UGent. "Imaginez qu’il s’agisse de votre enfant. Cela ne devrait pas pouvoir avoir lieu dans une société où l’on mise sur l’égalité des chances. C’est une situation très complexe, avec évidemment du racisme et des stéréotypes envers des groupes déterminés. Notre recherche démontre que la problématique est bien réelle".

Plus de moyens nécessaires

Face à leur constat, les chercheurs plaident pour davantage d’égalité des chances, mais aussi de moyens pour les établissements scolaires. D’après eux, le problème est en effet également lié à un manque de soutien. "C’est assez compliqué, car d’un côté il faut garantir que tout le monde ait la même chance de choisir l’école de son enfant, et de l’autre, l’école doit avoir les moyens suffisants pour apporter aux élèves le soutien dont ils ont besoins. Nous devons donc briser les barrières et donner les moyens aux écoles d’affronter les défis de façon adéquate", conclut Peter Stevens.   

Les plus consultés