Affaire Chovanec : Il y a bien eu un contact entre l’ambassadeur de Slovaquie et le ministère de l’Intérieur

"L'ambassadeur slovaque Stanislav Vallo a eu contact avec le ministre de l'Intérieur Jan Jambon par l'intermédiaire du consul honoraire slovaque à Mons et lui a expliqué la situation. Le ministre n'a pas donné davantage d'informations sur l'affaire", peut-on lire dans un compte rendu confidentiel d'une conversation entre l'ambassadeur slovaque Stanislav Vallo et le directeur des relations bilatérales du SPF Affaires étrangères, que la rédaction de la VRT a pu consulter.

Les faits remontent au 23 février 2018 à l'aéroport de Charleroi (BSCA). Jozef Chovanec, âgé de 38 ans, avait posé des difficultés au personnel lors de son embarquement vers Bratislava, en Slovaquie. La police fédérale aéroportuaire avait alors été requise pour le maîtriser et le passager s'était rebellé sur le tarmac. Placé en cellule dans les locaux de la police fédérale, il s'était porté des coups violents, obligeant les policiers à intervenir de nouveau pour le maîtriser. Lors de cette opération, l'individu avait fait un arrêt cardiaque et était décédé quelques jours plus tard.

L'incident a été abordé en commission de la chambre compétente mardi dernier. Le ministre de l'Intérieur De Crem (CD&V) y a déclaré que le ministre de l'Intérieur de l'époque, Jan Jambon, avait été informé du décès de Chovanec début juillet 2018. Jambon dit qu'il "ne se souvient de rien" de l'incident. Par ailleurs, "la vraie dimension (des faits) n'a pas été portée à son attention, ni celle de son cabinet".

Le rapport que la rédaction de la VRT a consulté est le compte rendu de la conversation entre l'ambassadeur de Slovaquie et le directeur des relations bilatérales du SPF Affaires étrangères. On ignore si le contact mentionné avec Jan Jambon fait vraiment référence à un contact avec le ministre lui-même ou quelqu'un de son cabinet.

Au cours d'une conversation téléphonique avec la VRT, l'ambassadeur slovaque de l'époque a entre-temps déclaré qu'il ne se souvenait plus à qui il avait parlé à l'époque. "J'ai eu des contacts avec les ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères. Mais avec qui j'ai parlé précisément, je ne me souviens pas."
Mardi prochain, Jan Jambon livrera des explications en commission de la chambre.

L'actuel commissaire général de la police fédérale mis au courant des faits en 2018

BELGA

L'actuel commissaire général de la police fédérale, Marc De Mesmaeker, confirme avoir reçu en février 2018 un e-mail relatant l'incident survenu à l'aéroport de Charleroi (BSCA), qui avait mené au décès de Jozef Chovanec. A l'époque, il était directeur général du secrétariat administratif et technique Intérieur (SAT), qui fait le lien entre la police intégrée et le cabinet du ministre de l'Intérieur. Dans un communiqué, il estime que le SAT et lui-même ont agi de façon transparente et correcte, et conformément aux responsabilités du secrétariat.

Marc De Mesmaeker indique avoir reçu, le 26 février 2018, un e-mail d'un collaborateur du cabinet avec une première relation des faits (sans images), à savoir un incident survenu à l'aéroport de Charleroi. Cet e-mail lui était transmis à titre d'information, précise-t-il.

"Le 1er mars 2018, après lecture de la revue de presse de la police fédérale, un de ses collaborateurs a informé des membres du cabinet, avec le directeur général du SAT en copie, d'un article de presse où il est fait mention du décès de M. Chovanec, avec le commentaire suivant: 'Nu ook in de pers - trigger voor vragen...'. (À présent également dans la presse - cela va susciter des questions)", précise-t-il encore. "C'est-à-dire: cet article va donner lieu à des questions, notamment des questions parlementaires."

Marc De Mesmaeker n'a pas été convié à l'entretien consulaire et n'y a par ailleurs pas pris part, ajoute-t-il.

L'actuel commissaire général de la police fédérale indique faire ces précisions après avoir constaté la publication dans la presse d'e-mails remontant à sa fonction au SAT.

Il ajoute qu'il participera à l'audience parlementaire de mardi prochain et qu'il souhaite que les faits "soient investigués dans les moindres détails".

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