Nicolas Maeterlinck

"Après sa conférence de presse, Jan Jambon n’a pas réussi à rétablir sa crédibilité politique"

L’ancien ministre de l’Intérieur et actuel ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA), s’est exprimé samedi devant la presse sur l’affaire Chovanec, du nom du citoyen slovaque décédé en février 2018, quelques jours après une violente intervention policière à l’aéroport de Charleroi. Pour le journaliste de la VRT, Ivan De Vadder, "la crédibilité politique de Jan Jambon était déjà sous pression, et cette pression n’a pas diminué".

Jan Jambon devra s’expliquer mardi prochain devant les commissions de l’Intérieur et de la Justice de la Chambre. Le ministre-président flamand n’a toutefois pas voulu attendre pour s’exprimer, et a dans ce cadre organisé une conférence de presse samedi.

L’un des points à éclaircir concernait la rencontre de Jan Jambon, à l’époque ministre de l’Intérieur, avec l’ambassadeur de Slovaquie. Jusque-là, le nationaliste flamand avait déclaré ne pas l’avoir reçu, mais lors de la conférence de presse, il a admis qu’il avait brièvement discuté avec lui, mais qu’il ne s’en souvenait plus.

"Il n’est pas compréhensible, en tant que ministre-président, d’admettre à deux reprises qu’il ne s’en souvient pas, alors que l’ambassadeur avait lui-même clairement indiqué qu’il l’avait rencontré. Mieux vaut alors calmement réfléchir avant de réagir", estime le journaliste politique de la VRT.

Lors de la conférence de presse, Jan Jambon a insisté sur le fait que son cabinet n’avait pas commis d’erreur. "Mais là n’est pas la question. Il a lui-même attiré les faits vers lui, et déclaré qu’il ne savait rien sur l’affaire. Il a lui-même soulevé ce problème, et cela ne lui a pas été favorable", souligne Ivan De Vadder.

"Jan Jambon a voulu communiquer rapidement et apporter des clarifications, mais je crains qu’il a ainsi abouti à un effet contraire. Ses propos vont désormais être analysés, et la controverse va s’accentuer. Il n’est pas parvenu à rétablir sa crédibilité politique. Elle était déjà sous pression, et cette pression n’a pas diminué", estime le spécialiste de la rue de la Loi.

Et de conclure : "plus cette affaire dure, plus le dégât potentiel sera grand. Si l’idée était de limiter les dégâts en communiquant rapidement, je pense qu’il n’y est pas parvenu". Ce mardi, Jan Jambon sera sans doute confronté à des questions supplémentaires plus pointilleuses devant les deux commissions de la Chambre.

 

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