Cinq ans après le "Wir schaffen das" d’Angela Merkel, où en est la Belgique en termes de migration ?

"Wir schaffen das", "nous y arriverons" : il y a cinq ans jour pour jour, la célèbre déclaration de la chancelière allemande Angela Merkel avait marqué tous les esprits alors que l’Union européenne faisait face à un important flux migratoire lié, notamment, à la guerre en Syrie. La Belgique aussi avait vu arriver quelques dizaines de milliers de personnes à la recherche d’un asile. Que sont-elles devenues ? La rédaction de la VRT a tenté de faire le point. 

En automne 2015, pas moins d’un million de personnes se sont dirigées vers l’Europe pour tenter d’y commencer une nouvelle vie. Quelque 39.000 d’entre elles sont à l’époque arrivées en Belgique. Parmi elles, environ 60% ont obtenu le statut de réfugiés et ont pu rester dans le pays. 

Un campement au cœur de Bruxelles

Cette année-là, les images provenant de l’Office des étrangers à Bruxelles étaient impressionnantes. Tous les jours, une foule de personnes s’y agglutinait en effet pour demander l’asile. Les services fédéraux ne semblaient pas prêts à affronter un telafflux. Très vite, ils se sont retrouvés submergés de demandes. Au fil du temps, les retards enregistrés avaient mené à l’installation d’un campement au cœur du Parc Maximilien, situé juste en face de l’Office. 

Parmi les principaux migrants se trouvaient des Syriens, des Irakiens et des Afghans. Plus de la moitié d’entre eux ont obtenu la protection demandée. 

Le logement, un obstacle de taille

"Il existe un certain nombre d’histoires à succès. Mais il y a aussi des gens qui se trouvent quasiment dans la même situation qu’il y a cinq ans", commente Katrien Herssens, représentante de l’une des structures d’accueil en Flandre. 

D’après sa collègue Isabelle De Meyer, le plus grand obstacle auquel ces personnes font face reste le logement. "Une fois que la décision est positive, et qu’ils doivent trouver une habitation, c’est terriblement dur pour eux", explique-t-elle. 

D’après les chiffres officiels, 60% des réfugiés se sont installés dans les villes flamandes, notamment à Ostende, Louvain, Turnhout, Sint-Niklaas et Anvers. Trop souvent, c’est dans des taudis qu’ils sont logés. 

Un bilan difficile à établir

Mais quel est le bilan en Belgique, cinq ans après la déclaration d’Angela Merkel ? Difficile à dire, alors qu’aucun chiffre sur la mise à l’emploi des réfugiés n’existe. "La plupart d’entre eux trouvent du travail, mais il s’agit presque toujours de contrats intérimaires ou à temps partiel. Ils doivent donc lutter pour leur avenir", indique Isabelle De Meyer. 

"Une chose est sûre", poursuit-elle. "Tous les demandeurs d’asile que j’ai appris à connaître ces dernières années dans le centre d’accueil ont montré leur envie de s’intégrer et de trouver une place dans la société. Ils désirent travailler et sont reconnaissants de la chance qu’ils reçoivent ici", conclut-elle.   

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