Affaire Chovanec : face aux députés, Jambon et les patrons de la police assurent qu’ils n’étaient pas au courant

Venus s’expliquer devant les commissions Intérieur et Justice de la Chambre sur ce qu'ils savaient du décès de Jozef Chovanec, un citoyen slovaque décédé après une intervention de la police à l'aéroport de Charleroi, l'ex-ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA), le commissaire général de la police fédérale Marc De Mesmaeker, et sa prédécesseure Catherine De Bolle, ont tous trois assuré qu’ils n'étaient pas au courant des circonstances précises de ce décès. 

Les questions continuent toutefois de se poser. Comment se fait-il qu'aussi bien le ministre que la hiérarchie policière n'aient pas été mis au courant des faits qui aujourd'hui font scandale? Comment se fait-il qu'ils n'ont pas cherché à en savoir plus? Comment se fait-il qu'aucune procédure disciplinaire n'ait été ouverte? Aux yeux de nombreux parlementaires, plusieurs "clignotants" étaient allumés et auraient dû inciter le ministre et la direction de la police à demander des informations. 

Je pars du principe que ce genre de rapport de la police est correct.

Jan Jambon, ex-ministre de l'Intérieur et de la Sécurité

En l'absence de faits particuliers portés à sa connaissance, la loi ne permet pas au ministre de l'Intérieur d'ouvrir une procédure disciplinaire, a-t-il ajouté. Or, le rapport que son cabinet a demandé le 26 février à la police ne contenait aucun des faits qui aujourd'hui font scandale à la suite de la diffusion de la vidéo de l'intervention policière. Et M. Jambon ne voit pas de raison de douter a priori de la fiabilité de ce rapport. "Je pars du principe que ce genre de rapport est correct", a-t-il souligné. 

Si j'avais vu ces images, j'aurais agi immédiatement.

Catherine De Bolle, ex-commissaire générale de la police fédérale

L'autorité disciplinaire appartient en premier lieu à la direction dont relèvent les agents concernés, en l'occurrence la Direction générale de la police administrative, a fait remarquer de son côté Mme De Bolle. Le temps qu'une enquête interne soit menée, le patron de cette direction, André Desenfants, a fait un pas de côté. "Si j'avais vu ces images, j'aurais agi immédiatement", a affirmé l'actuelle directrice générale d'Europol. 

Son successeur dirigeait à l'époque le Secrétariat administratif et technique (SAT) assurant la liaison entre le cabinet de l'Intérieur et la police. Il n'a rien su de plus que la relation des faits dans le rapport lacunaire du 26 février. Il a toutefois attiré l'attention du cabinet après la diffusion du communiqué de presse, susceptible selon lui de mener à des "questions" parlementaires. 

En tant qu'ancien directeur du SAT, commissaire général et Marc De Mesmaeker, je peux regarder la famille Chovanec dans les yeux.

Marc De Mesmaeker, commissaire général de la police fédérale

M. De Mesmaeker estime n'avoir commis aucune faute. "En tant qu'ancien directeur du SAT, commissaire général et Marc De Mesmaeker, je peux regarder la famille Chovanec dans les yeux", a-t-il dit, avant de "tendre la main" à la famille Chovanec. Il souhaite les rencontrer, même s'il sait que ce sera un moment difficile. 

La révélation des faits a mené à l'ouverture d'une enquête interne à la police. Elle sera menée avec diligence, en toute transparence et de façon impartiale, a-t-il assuré. Le commissaire général n'a pas exclu que d'autres mesures d'ordre soient prises quand les résultats seront connus. 

Remise en question de la police aéronautique

La police aéronautique a été plusieurs fois pointée du doigt. A-t-elle caché des faits à sa hiérarchie? Si les procédures avaient été suivies, dès l'intervention qui a précédé l'hospitalisation de M. Chovanec, une alerte aurait dû être envoyée qui aurait mobilisé de nombreux intervenants et permis de faire remonter les informations. 

Les commissions de l'Intérieur et de la Justice poursuivront leurs travaux sur ce dossier dans les semaines qui viennent.

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