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Au moins un visiteur par semaine pour chaque résident en maison de repos et soins

La Taskforce Covid-19 a élaboré un nouveau guide pour les visites en maisons de repos et de soins. Dès lundi 7 septembre, les résidents en Flandre devront pouvoir recevoir chaque semaine au moins un visiteur, même si des cas de coronavirus ont été détectés dans la maison. Il pourra aussi y avoir des contacts physiques entre résidents et visiteurs appartenant à la même bulle et les résidents pourront sortir, à condition de respecter les mesures de protection.

La règlementation à propos des visites dans les maisons de repos et soins sera assouplie après que des centres résidentiels aient été dénoncés la semaine dernière parce qu’ils ne permettent aucune ou très peu de visites, même lorsqu’ils sont épargnés par les contaminations. La nouvelle réglementation - qui entrera en vigueur lundi 7 septembre - doit permettre des visites "dans un climat chaleureux et humain, sécurisé", explique la taskforce flamande.

Chaque résident devra pouvoir recevoir chaque semaine au moins un visiteur, même lorsque le coronavirus est présent dans une maison de repos. Ce visiteur peut changer, pour autant que les règles du Conseil national de sécurité concernant la bulle sociale soient respectées. Seule exception : lorsque le résident est lui-même contaminé (ou soupçonné de l’être), il doit rester en quarantaine et ne peut recevoir temporairement de visite.

Une maison de repos sans contamination ne devrait normalement pas pouvoir imposer une limite dans le nombre et la fréquence des visites, y compris le week-end. La visite pourra également se dérouler de différentes manières: en chambre, dans une zone spéciale ou en plein air, à condition que les mesures soient respectées. Les contacts physiques entre résidents et visiteurs appartenant à la même bulle seront à nouveau autorisés et les résidents pourront sortir, à condition de respecter les mesures de protection.

En cas d'infection dans l'établissement, des restrictions de visite temporaires sont possibles. Les règles d'hygiène sont bien sûr toujours de rigueur. Les visiteurs doivent s'inscrire lorsqu'ils entrent, se désinfecter les mains et porter un masque.

Les externes doivent également continuer à avoir accès aux établissements, surtout s'ils fournissent des soins tels qu'une pédicure ou de la kiné. "Au sein de la taskforce, nous sommes parvenus à rédiger une directive-cadre qui réponde aux attentes de tous les représentants", estime sa présidente Karine Moykens (photo). "Nous renvoyons également au cadre éthique qui a été élaboré précédemment et qui peut fournir des orientations pour la prise de décisions afin d'élaborer un arrangement de visite."

"Les gens meurent de solitude"

La taskforce Covid-19 flamande indique avoir reçu des témoignages de résidents, de membres de leurs familles, de directions de maisons de repos mais aussi de membres du personnel soignant à propos d’établissements qui se montraient très strictes, d’une façon jugée inhumaine. Le ministre flamand du Bien-être, Wouter Beke, aurait également demandé à la taskforce de revoir la règlementation sur les visites.

Mercredi soir, l’émission télévisée "De afspraak" (VRT) recevait également un témoignage encore inédit. Roger Lybaert (photo), 89 ans, a publié sur le site internet du magazine Knack une lettre qui a déjà été lue 20.000 fois. Habitant lui-même en maison de repos, avec son épouse, il estime que "les résidents de ces maisons n’ont jamais été consultés dans la gestion de la crise sanitaire. C’est la première fois qu’on donne la parole à un résident de maison de repos".

Roger Lybaert considère que les seniors sont victimes de mesures sanitaires contre le coronavirus prises par la société. "Ce qui se passe aujourd’hui avec l’arrivée de la pandémie et sous le couvert de notre bien-être mental et physique est un raisonnement trompeur pour écarter de la société tous ceux qui ont plus de 80 ans". Lybaert se sent privé de sa liberté, ne se sent pas écouté.

"Ma femme et moi vivions bien jusqu’à l’arrivée de la crise. La porte de la maison de repos s’est alors fermée, mais c’était trop tard. Plusieurs personnes ont été contaminées. Des membres du personnel ont amené le virus à l’intérieur de la résidence. J’ai aussi eu le Covid-19, mais je ne suis pas décédé. Je n’avais d’ailleurs pas l’intention de mourir. Vingt-deux personnes sont décédées dans notre maison de repos. La raison principale de ces décès est la solitude".

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