La coalition Vivaldi revient sur la table, ou faut-il dire Avanti ?

Invité mercredi soir sur le plateau de l’émission Terzake de la VRT, le président des démocrates-chrétiens flamands Joachim Coens a laissé entendre que son parti était disposé à discuter avec les libéraux, les socialistes et les écologistes en vue de former un nouveau gouvernement fédéral. Il envisage donc d’entrer dans une coalition sans la N-VA. Le CD&V ne dit toutefois pas encore "oui" à une coalition baptisée "Vivaldi", rejetant notamment la proposition d'assouplissement de la loi sur l'avortement actuellement sur la table des trois autres formations.

"Il ne s'agit pas de Vivaldi, il s'agit d'Avanti", déclarait Joachim Coens (photo) sur le plateau de la VRT mercredi soir. "Ce pays doit aller de l'avant! Les gens veulent des solutions. (...) Nous voulons un projet où nous pouvons réaliser nos priorités fondamentales. Le CD&V fait la synthèse entre le social, l'économique, l'éthique et le durable."

Le fait d'avoir une majorité dans le groupe linguistique néerlandophone à la Chambre ne constitue plus une condition pour entrer dans un gouvernement fédéral, estime Joachim Coens. Pour le président du CD&V, il est désormais possible de participer à une majorité fédérale sans la N-VA - la présence des nationalistes étant requise pour avoir une majorité dans le groupe néerlandophone à la Chambre.

Joachim Coens a aussi indiqué que la priorité de son parti allait au "contenu", soulignant cependant son opposition à un assouplissement de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse telle qu'envisagée actuellement.

Le chargé de mission royale, Egbert Lachaert (Open VLD), est attendu ce vendredi au Palais pour un nouveau rapport au Roi. Il a clairement fait savoir qu'il testait en priorité la formule de coalition "Vivaldi", rassemblant les libéraux, les socialistes, les écologistes et le CD&V. La présence éventuelle du parti centriste francophone CDH dans cette configuration reste actuellement floue.

L'actuel gouvernement minoritaire, dirigé par Sophie Wilmès (MR), est censé redemander la confiance de la Chambre d'ici le 17 septembre. La Première ministre a déjà annoncé qu'elle présenterait sa démission si celle-ci n'était pas renouvelée.

Un signal positif

Invité dans l’émission "De ochtend" de la VRT (Radio 1) ce jeudi matin, le président des socialistes flamands Conner Rousseau (photo) appelait à commencer enfin les négociations pour la formation d’un gouvernement. "Mon appel est clair aujourd'hui: commençons. Après autant de mois, les gens en ont marre". Et d’avouer que "la composition du gouvernement ne m’intéresse déjà plus depuis des mois, entamons la formation".

Selon Rousseau, les "pièces du puzzle" sont sur la table pour commencer à former un gouvernement fédéral. "Nous voulons un gouvernement qui investit davantage dans les soins de santé, les salaires et les pensions, qui va sauver des emplois et des secteurs d'activité, qui investit dans la sécurité, avec une fiscalité juste comme clé de voûte".

La bonne disposition du CD&V à l'égard de négociations avec les libéraux, socialistes et Verts en vue de former un gouvernement est un "signal positif", a indiqué quant à lui ce jeudi le porte-parole du président de l'Open VLD et missionnaire royal, Egbert Lachaert, qui s'en tient pour le reste à la discrétion.

"Nous continuons à travailler dans le calme. Vendredi, il y a le rendez-vous au Palais. Nous n'allons pas faire de déclarations aux médias", précisait le porte-parole de Lachaert. Le journaliste politique Johny Vansevenant (VRT) estime pour sa part "qu’un gouvernement semble être en train de se former. La confiance augmente".

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