Anvers lance l’opération "Ronde de nuit" contre la criminalité liée à la drogue

La police locale d'Anvers lancera ce vendredi soir l’opération "Nachtwacht" ("Ronde de nuit" en français), qualifiée par le bourgmestre anversois Bart De Wever de "plus grande action de sécurité de ces 20 dernières années". L'intervention est destinée à lutter contre les faits de drogue et les violences qui y sont liées, comme des attaques à la grenade (photo) et des fusillades qui se sont multipliés ces derniers mois. Elle prévoit notamment l'engagement de patrouilles supplémentaires, des contrôles d'identité plus réguliers, et la fermeture de certaines rues à haut risque quand cela s'avère nécessaire. De Wever sollicite la collaboration des habitants, "car cette opération va durer des mois ".

Depuis 2017, quelque 66 attaques à la grenade ou tirs probablement liés à des règlements de compte dans le milieu des stupéfiants ont été recensés à Anvers. Ces faits entraînent rarement des blessés. Il s'agit souvent de manœuvres d'intimidation ou d'une façon d'attirer l'attention de la police sur des bandes rivales.

Ces dernières semaines, la violence a cependant augmenté. La police locale appelle aujourd'hui à une action à grande échelle et de longue durée afin de ramener un sentiment de sécurité dans la ville portuaire et d'éviter de plus grands troubles de l'ordre public.

"Pendant une très longue période - au minimum plusieurs mois -, nous allons au quotidien mener des actions visibles et moins visibles", a commenté le chef de corps Serge Muyters (photo). "Cette intervention constituera notre priorité absolue." La "Ronde de Nuit" consistera notamment à augmenter les contrôles de comportements suspects à l'aide de patrouilles supplémentaires et à mettre en place des unités drogue et des équipes de quartiers pour "perturber complètement" le trafic de drogue nocturne.

La police locale utilisera aussi ses BearCats, des véhicules blindés qui doivent protéger les agents contre des criminels lourdement armés.

Jonas Roosens
L’opération durera aussi longtemps que cela sera nécessaire
Serge Muyters, chef de corps

Des rues qui présentent un haut risque d'attentat pourront être fermées si nécessaire. Les riverains et visiteurs pourront entrer dans ces artères après contrôle. La police anversoise entend aussi collaborer pleinement avec la police judiciaire fédérale et le parquet, afin de s'attaquer aussi à la dimension internationale du trafic de drogues.

"Nous ne pouvons pas promettre qu'avec cette opération nous allons éviter tout incident à l’avenir", a admis le bourgmestre Bart De Wever (photo). "Mais nous prenons toutes nos responsabilités afin de garantir la sécurité de l'Anversois. Je compte aussi sur l'engagement des autorités supérieures pour donner à la police fédérale et au parquet à Anvers les moyens nécessaires pour mener à bien le travail pour lequel ils sont compétents."

Bart De Wever est également revenu sur les résultats déjà engrangés par les forces de l'ordre de sa métropole contre les criminels de la drogue. Depuis 2012, plus de 7.000 trafiquants de stupéfiants ont été interpellés et mis à la disposition de la justice. Le nombre des délits qui sont souvent liés au milieu des stupéfiants, comme les vols avec violence, les vols de sac à main et les cambriolages a également diminué.

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