Lachaert et Rousseau désignés préformateurs : "Sept partis veulent travailler à un gouvernement"

Le roi Philippe a reçu ce vendredi après-midi en audience le chargé de mission royale Egbert Lachaert (photo). Le président du parti libéral flamand Open VLD a été nommé préformateur, ensemble avec le président du parti socialiste flamand, Conner Rousseau. "Nous avons enfin une percée", s'est réjoui Lachaert au cours de la conférence de presse qu’il donnait à la suite de son audience chez le souverain. Sept partis poursuivent les négociations, sans le parti centriste francophone cdH. Et résolument sans le plus grand parti flamand, la N-VA. "Après une longue période d’immobilisme, nous devons enfin avancer", a déclaré Lachaert.

"Sa Majesté le Roi a reçu en audience au Palais de Bruxelles Monsieur Egbert Lachaert (photo). Il a fait rapport au Roi sur sa mission et sur les réunions plénières avec les présidents des partis politiques impliqués dans les discussions en cours", indiquait le Palais dans un communiqué. "Le Roi a ensuite chargé Messieurs Egbert Lachaert et Conner Rousseau d'une mission de préformation. Ils feront rapport au plus tard le 11 septembre."

L'ouverture d'une mission de préformation indique que les discussions en vue de former un nouveau gouvernement fédéral avancent, même s'il reste plusieurs pierres d'achoppement, comme un projet de loi pour l’assouplissement de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et le maintien, ou non, de l'échéance légale de 2025 pour la sortie du nucléaire.

Huit partis étaient autour de la table : les libéraux d’Open VLD et du MR, les socialistes du SP.A et du PS, les Verts d’Ecolo et Groen et les démocrates-chrétiens du CD&V et du cdH. Mais seuls sept devraient poursuivre les discussions, sans le cdH.

"Les réformes prendront du temps" : une décennie envisagée

"Nous ne sommes pas encore au moment où le gouvernement est installé. Mais sept partis veulent ensemble travailler à un gouvernement de plein exercice et qui a le soutien d'une majorité à la Chambre, comme me l'a demandé le Palais." Ces sept partis sont les partis libéraux, socialistes, écologistes et le CD&V. "Ces partis ont pu dépasser leurs propres intérêts. Cela n'est pas simple. Chacun a son idéologie et il faudra construire des ponts, mais ces partis sont prêts à sortir des tranchées pour faire de la politique de manière différente et constructive, dans le respect des sensibilités de chacun."

La loi élargissant les possibilités de pratiquer une IVG fait partie de ces points qui font débat, le CD&V étant farouchement opposé à la proposition de loi qui doit revenir à la Chambre à la rentrée. "Les parlementaires doivent travailler avec le CD&V, pas contre le CD&V", a fait valoir Egbert Lachaert. Le président des libéraux flamands a toutefois ajouté que chaque famille politique avaient ses points sensibles: les socialistes sur le social et la sécurité sociale, les libéraux sur l'emploi et le marché du travail, les écologistes sur l'ambition climatique, et le CD&V sur l'éthique et l'institutionnel.

Egbert Lachaert a détaillé différentes thématiques sur lesquelles les sept partis envisagent des réformes à mener à l'horizon 2030. "On peut réfléchir sur la manière dont la démocratie est organisée et sur la structure du pays. On doit avoir une structure étatique plus efficace", a indiqué le préformateur libéral. Pour ce faire, deux membres du futur gouvernement, un francophone et un néerlandophone, devraient être chargés de plancher sur une réforme de l'Etat. Les sept partis souhaitent aussi travailler sur "une sécurité sociale et un système de soins de santé forts.

Des investissements supplémentaires seront demandés." Les partis de la "Vivaldi" (ou "Avanti") veulent aussi mettre en place "une économie et un marché du travail performant" avec une ambition de passer à un taux d'emploi de 70% à 80% d'ici 2030. Le président de l'Open VLD a également parlé d'une "politique climatique ambitieuse", une "fiscalité plus transparente, efficace et honnête" et d'investissements supplémentaires dans la justice et la police", le tout en respectant une "trajectoire budgétaire crédible".

Objectif : 17 septembre

"La réalisation de ces réformes prendra du temps. L'équipe qui va entamer le travail devra le continuer jusqu'à la fin de la législature (2024), mais ces réformes peuvent aller au-delà, en dialogue avec la société civile et les partenaires sociaux", précise Egbert Lachaert. "Si nous travaillons ensemble pour pouvons surmonter cette crise. Après l'immobilisme, nous voulons aller de l'avant", a-t-il conclu.

La mission confiée à Egbert Lachaert et Conner Rousseau (photo) ne devrait durer qu'une semaine. "Aucun de nous deux n'a l'ambition de devenir formateur par la suite", a précisé Lachaert, laissant entendre que cela permettait de ne pas discuter répartition de postes pour le moment. Le 17 septembre, date à laquelle le gouvernement Wilmès est censé redemander la confiance de la Chambre, "reste un deadline fort", a indiqué le préformateur. "Nous allons travailler la semaine prochaine pour atteindre cet objectif."

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