Bruxelles ouvrira lundi un registre de condoléances pour Annie Cordy

La Ville de Bruxelles ouvrira dans la matinée de lundi, au sein de l'hôtel de Ville, un registre de condoléances pour la chanteuse et actrice Annie Cordy (photo), décédée vendredi à l'âge de 92 ans près de Cannes, dans le sud de la France. L’interprète de succès populaires comme "Tata Yoyo" et "La bonne du curé" était née en 1928 dans la commune bruxelloise de Laeken.

Le registre de condoléances restera à disposition des Bruxellois au moins pendant une semaine, aux heures d'ouverture de l'hôtel de Ville. "C'est une fierté que de pouvoir rendre hommage à notre chère Laekenoise", a déclaré Wafaa Hammich, porte-parole du bourgmestre Philippe Close. Pour ce qui est de la diffusion éventuelle la semaine prochaine de certains de ses grands titres sur la Grand-place de Bruxelles, elle ajoute que "nous sommes en contact étroit avec la famille d'Annie Cordy pour voir ce qu'il est possible de faire".

Annie Cordy avait été faite citoyenne d'honneur de la Ville de Bruxelles en 2004. Un parc et une fresque qui portent son nom de scène ont été inaugurés en 2018 près de la maison où elle a grandi à Laeken.

Léonie Cooreman est née à Laeken, quartier de Bruxelles, le 16 juin 1928. "La France est mon pays et la Belgique ma patrie", disait-elle. Blonde piquante, elle débutait dans des orchestres en chantant des standards américains, avant d'être engagée comme meneuse de revues au "Boeuf sur le Toit" à Bruxelles, puis à Paris au "Lido" en 1950 où elle devenait Annie Cordy.

D'opérettes en comédies musicales ("La Route fleurie" avec Georges Guétary et Bourvil, "Visa pour l'amour" avec Luis Mariano, "Hello Dolly"), en passant par le rire, la chanson, le théâtre, le cinéma et les téléfilms, l'infatigable fantaisiste faisait preuve d'un perfectionnisme quasi maniaque. Elle enchaînait répétitions, tournées, enregistrement de chansons et plateaux de cinéma, à un rythme impressionnant.

Et l'amuseuse professionnelle était également une excellente actrice. Après avoir débuté avec Sacha Guitry ("Si Versailles m'était conté", 1953), elle a élargi et ému son public par des rôles dramatiques dans "Le Passager de la pluie" de René Clément, "Le Chat" (Pierre Granier-Deferre) ou "La Rupture" (Claude Chabrol). En 2015, elle sonnait tout aussi juste dans son rôle de grand-mère fugueuse dans "Les souvenirs" de Jean-Paul Rouve.

"Elle a fait un malaise vers 18h ce vendredi. Les pompiers sont arrivés très vite, ont tout tenté pour la ranimer", a indiqué sa nièce Michèle Lebon, qui vivait avec elle depuis des années. "Elle est partie en quelques minutes". Avec son tablier immaculé de "bonne du curé", ses nattes articulées de "Frida Oum Papa" et son chapeau en plume de "Tata Yoyo", la reine du music-hall français a consacré sa vie à la scène où elle ne voulait apporter "Que du bonheur", titre d'un spectacle jazz et swing qu'elle donna au Casino de Paris et à l'Olympia.

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