Nicolas Maeterlinck

Deuxième soirée d’incidents dans les Marolles à Bruxelles

Les pompiers se sont rendus dans le quartier des Marolles à Bruxelles (photo archives) samedi soir vers 21h30 pour des poubelles et une camionnette en feu. Des cocktails molotov ont été lancés sur leurs véhicules au moment de leur arrivée, indiquait dimanche matin Walter Derieuw, le porte-parole des pompiers de Bruxelles. Il précise qu'aucun de ses hommes n'a été blessé. Leurs véhicules n'ont finalement pas non plus subi de dégâts. Le SLFP a déposé dimanche un préavis de grève en réaction à la multiplication récente des agressions envers les pompiers dans la capitale, a ajouté Eric Labourdette, responsable du syndicat. La justice tente d’identifier via les caméras de surveillance les quelque trente jeunes impliqués dans l’incident.

Les faits se sont déroulés dans les rues du Lavoir et Terre Neuve, où les fenêtres d’une crèche ont été fracassées et une bulle à verre a été renversée. Ce sont deux autopompes qui ont été prises pour cible par quatre cocktails Molotov, l'une par deux tirs alors que les pompiers étaient déjà descendus, et l'autre également par deux tirs tandis qu'elle approchait d'un incendie de véhicule et poubelles. Pour cette dernière, le véhicule a été immédiatement mis à l'abri. La police a sécurisé le quartier afin que les opérations d'extinction puissent être réalisées.

"Nos pompiers sont très choqués par cet incident", indiquait la direction générale du Service d'Incendie et d'Aide médicale urgente (SIAMU) de la Région de Bruxelles-Capitale. Elle déposera plainte et se portera, si possible, partie civile. Une enquête policière devra déterminer si les pompiers ont été victimes d'un guet-apens. "Nos hommes et femmes sur le terrain espèrent un signal fort", a déclaré Walter Derieuw. "Il est peut-être opportun de requalifier ces actes comme actes criminels et d'engager des poursuites pour, par exemple, incendie volontaire de nuit en bande ou tentative d'homicide."

Derieuw estime que s'il s'avère que l'objectif est de déstabiliser l'état, la qualification de faits terroristes pourrait aussi être envisagée. Il ajoute que les pompiers attendent que tout soit mis en œuvre pour identifier les auteurs et qu'il y ait des poursuites effectives. "Faut-il un accident grave ou un mort au sein de notre personnel pour que nos autorités prennent enfin ce problème à bras le corps ? ", réagissait également Eric Labourdette. "Nous sommes de plus en plus souvent victimes d'insultes et d'agressions".

La semaine dernière, dans la nuit de mercredi à jeudi, des individus ont lancé des projectiles en direction de pompiers occupés à éteindre un incendie de poubelle sur l'avenue Mahatma Gandhi à Molenbeek-Saint-Jean. La bourgmestre Catherine Moureaux a pris un arrêté au lendemain des faits afin d'interdire les rassemblements de nuit dans le quartier. Le SLFP avait déjà déposé le 21 juillet un premier préavis de grève prenant cours le 4 août chez les pompiers de Bruxelles, mais celui-ci concernait le déménagement de la centrale d'appels, la rénovation des casernes ou encore les procédures de promotion.

Pas d'arrestation sur la trentaine de jeunes

Il n'y a finalement pas eu d'interpellation à la suite des jets de cocktails Molotov contre les pompiers en intervention samedi soir dans le quartier des Marolles, mais des enquêtes judiciaires ont été ouvertes, précisait ce dimanche matin le porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles Olivier Slosse. Il estime qu'il serait logique que les incidents de la nuit passée soient liés à ceux de la veille lorsque deux jeunes majeurs ont été arrêtés administrativement vers 22h30, et relâché vers 00h30, alors qu'ils s'entraînaient à enlever leurs masques et à cracher.

Par la suite deux mineurs ont été interpellés en lien avec le caillassage de quatre véhicules de police, dont trois ont été endommagés. Plus tard, un boîtier de Sibelga pour l'éclairage public et la vitrine d'une crèche ont été cassés dans la rue des Tanneurs. "A un moment donné, il y avait une trentaine de personnes et en moins d'une heure il n'y avait plus rien. On est resté dans le secteur. On a fait des fouilles, mais on n'a interpellé personne", précisait Slosse.

Des policiers de la zone Bruxelles-Ixelles en intervention pour des violences intrafamiliales avaient également été pris pour cible dans la soirée de dimanche dernier au moyen de feux d'artifice à hauteur de la rue Terre-Neuve. Une voiture de police banalisée avait aussi été incendiée à la mi-juillet dans le quartier.

Google Street View

Les plus consultés