Qui dirigera le gouvernement ? le préformateur Rousseau veut être fixé le 11 septembre

D’ici vendredi prochain, il faut savoir qui sera le formateur du nouveau gouvernement fédéral, en d’autres termes qui deviendra probablement Premier ministre ou Première ministre. C’est ce qu’a déclaré l’un des deux préformateurs, le socialiste flamand Conner Rousseau (photo), ce dimanche midi sur le plateau de la VRT. Le 11 septembre, Rousseau et Egbert Lachaert (Open VLD) devront en effet rendre compte de leur mission au Roi. Alors que le président du MR, Georges-Louis Bouchez, soutient le maintien de Sophie Wilmès (MR) au poste de Première ministre, le président de la N-VA, Bart De Wever, a déclaré qu’un gouvernement fédéral sans les nationalistes flamands serait une catastrophe pour la Flandre. Il critique sévèrement l’attitude du président d’Open VLD, Egbert Lachaert.

Vendredi dernier, le chargé de mission royale Egbert Lachaert (Open VLD) et les partis d’une coalition éventuelle baptisée Vivaldi (MR, Open VLD, SP.A, PS, Groen, Ecolo et CD&V) parvenaient à un accord pour entamer des discussions en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral. Le roi Philippe chargeait alors Lachaert et le président du SP.A, Conner Rousseau, d’une mission de préformation. Ils doivent étudier si cette coalition à sept partis est réellement possible.

Vendredi 11 septembre, les préformateurs devront rendre rapport au Roi. Le souverain devrait alors désigner un formateur pour composer le nouveau gouvernement. Cette personne est quasiment assurée de devenir le nouveau Premier ministre ou la nouvelle Première ministre. Les spéculations à propos de noms vont déjà bon train. "Pour moi, c’est avant tout le projet qui prime, pas les postes", indiquait Conner Rousseau ce dimanche midi dans l’émission "De Zevende Dag".

"L’important est qu’il y ait quelqu’un qui puisse tirer ce projet. J’espère qu’il ne sera pas seulement question de personnalité, mais que nous pourrons démêler les nœuds ces prochains jours. Vendredi, nous irons chez le Roi. Il faut alors qu’il soit clair qui peut être formateur".

"Pas de préférences et pas de véto"

Des noms circulent cependant déjà : celui du ministre Alexandre De Croo (Open VLD). Le président du PS, Paul Magnette, est le seul à s’être déjà dit candidat, en tant que membre de la plus grande famille politique du pays. "Il faut avant tout que ce soit un bon Premier", estime Rousseau. "Quelqu’un qui puisse diriger le projet et soit soutenu dans tout le pays".

"Je n'ai ni préférences ni véto. Il me semble normal que ce soit quelqu’un issu de la plus grande famille politique, mais tout peut être discuté". L’actuelle Première ministre Sophie Wilmès est-elle envisageable pour diriger un gouvernement de pleins pouvoirs ? "Cela fait partie des discussions", répondait Conner Rousseau.

Le président des libéraux francophones, Georges-Louis Bouchez (photo), est en faveur d’un prolongement de la mission de Wilmès. "Selon moi, il y a 70% de chances que Sophie Wilmès reste Première ministre", déclarait Bouchez sur le plateau de RTL-TVi. Son maintien au 16 rue de la Loi se justifie, à ses yeux, aussi bien pour des raisons d'équilibre au sein du gouvernement que pour sa popularité au sud du pays. La coalition Vivaldi qui se met en place penchera à gauche, constate le président libéral. Il importe donc, dans un gouvernement du centre, de permettre le respect des équilibres politiques, ce qui justifierait de confier la direction du gouvernement à une personnalité libérale.

"Pas de perspective de succès le 17 septembre ? alors des élections"

Pour Conner Rousseau, le 17 septembre reste la date butoir pour la constitution d’un nouveau gouvernement. C’est la date à laquelle le gouvernement Wilmès doit redemander la confiance du Parlement. Le président du SP.A estime qu’il est possible de former un gouvernement entre le 11 et le 17 septembre.

"Il faudra au moins que nous soyons déjà bien avancés le 17 septembre, qu’il y ait des perspectives de succès. Si ce n’était pas le cas, je crains que de nouvelles élections seront la seule option. La population en a marre de l’immobilisme politique. S’il n’y a pas de perspective le 17 septembre, nous retournerons aux urnes. On ne peut plus faire marche-arrière", concluait Rousseau.

Bart De Wever se dit trompé par les libéraux

L'avènement d'une coalition Vivaldi sera une catastrophe pour la Flandre, a redit ce dimanche le président de la N-VA sur les plateaux de la VRT et de la chaine commerciale VTM. Bart De Wever a réitéré son indignation devant la mise à l'écart de la N-VA du gouvernement en cours de formation. Non seulement son parti, mais aussi le Vlaams Belang, en seront écartés, or ce sont les deux premiers partis de Flandre. Un fait unique au monde selon Bart De Wever.

"Si ce gouvernement dominé par la gauche et les francophones voit le jour, cela signifie que pendant 12 années sur 16" - soit de 2008 à 2024, la seule exception étant le gouvernement Michel - "la Flandre aura été dirigée sans majorité flamande. Nous faisons 83% des exportations, nous payons 70% des impôts, nous payons des milliards de transfert et, en guise de remerciement, nous sommes mis en minorité au moment où devons subir une grave crise", a souligné De Wever.

A ses yeux, c'est la démocratie même qui est bafouée. "Je ne peux plus appeler ça une démocratie. Les résultats électoraux sont mis sens dessus-dessous, les plus grands partis sont écartés et on sera dominé par des partis pour lesquels on ne peut même pas voter", a-t-il dit. L'Open VLD est particulièrement visé. Selon le président de la N-VA, les libéraux flamands avaient déjà fait le choix d'une coalition avec les socialistes et les écologistes depuis le mois de décembre. Pourquoi ont-ils attendu si longtemps?

"J'ai l'impression que l'on a utilisé tout ce temps pour ramollir la population et la préparer à un gouvernement. Les gens seront soulagés. Enfin, il y a quelque chose et on aura oublié entretemps que c'est tout à fait contraire aux résultats des élections", poursuivait De Wever. Et de rappeler qu’il avait pourtant atteint un bon accord avec le PS, "qui était en équilibre socio-économique", et qu’il aurait osé défendre devant les Flamands.

De Wever critique avant tout le président du MR, Georges-Louis Bouchez, avec qui il ne serait pas possible de négocier une réforme de l'État. "C'est un Belgicain du 19e siècle, il parle seulement le français, il célèbre le combat francophone dans la périphérie et veut repousser la frontière linguistique", accuse le président de la N-VA. Et il qualifie Egbert Lachaert (Open VLD) de « chien de compagnie du MR », qui se serait laissé influencer par Bouchez.

Comme le ministre-président flamand Jan Jambon, Bart De Wever estime que l’accord de gouvernement flamand (N-VA, Open VLD et CD&V) devra être reconfirmé si la coalition Vivaldi se confirme au niveau fédéral. "Cet accord a été fixé dans les moindres détails. Ce sera un atout maintenant. Mais la loyauté à l’accord de gouvernement est une chose. Il faudra encore tester la loyauté politique. Qu’en reste-t-il ? On ne peut néanmoins pas rendre la Flandre ingouvernable parce que la Belgique n’est plus une démocratie", concluait Bart De Wever (photo) dans "De Zevende Dag".

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