“Rester immobile c’est se rendre insignifiant”, estime le nouveau CEO de la VRT

Le 19 juin dernier, le gouvernement flamand désignait Frederik Delaplace au poste d’administrateur délégué du service public flamand de radio et télévision. L’homme de media de 50 ans originaire de Flandre occidentale était alors encore, et de longue date, CEO de Mediafin, l’éditeur des journaux financiers De Tijd et L’Echo. Depuis début août, il a cependant pris ses fonctions au sein de la VRT et semble impatient d’y réaliser ses projets. "Je voudrais contribuer à ce que la VRT puisse participer au changement dans la façon dont les médias sont "consommés" aujourd’hui, afin que dans 10 et 20 ans le service public de radio-télévision soit encore toujours pertinent". Delaplace était l’invité, dimanche, de l’émission "Touché" sur Radio 1 (photo).

“Nous allons devoir faire face à de grands défis", annonçait Frederik Delaplace. "Il va falloir changer beaucoup de choses et avoir la volonté de changer. Pour un mieux. Je trouve cela incroyablement fascinant".

Le nouveau CEO estime également que la VRT peut être un peu plus sûre d’elle-même. "L’entreprise peut davantage redresser la tête et être fière de ce qu’elle fait. De très nombreux collaborateurs vous diront qu’ils sont déjà fiers de ce qu’ils réalisent. Je le crois, mais nous devons encore davantage rayonner, notamment vers l’étranger".

La "consommation des médias" a énormément changé : tout le monde ne regarde plus la télévision ou n’écoute plus la radio. Frederik Delaplace estime que la VRT doit s’adapter à cette nouvelle situation si elle veut survivre. "Ce ne sont pas les hommes politiques qui vont décider à notre place à quoi ressemblera une entreprise media en 2030 ou 2040. C’est à nous à le faire. A l’heure actuelle, la VRT a une place vraiment très importante dans le paysage médiatique. Elle fait de la très bonne radio, de l’excellente télévision, elle possède des sites internet. Dans le domaine de l’actualité, sa fiabilité n’a pas d’égale. Prenons cette force comme point de départ pour notre parcours de changement".

L’amour de la musique

Au micro de l’émission “Touché" de Friedl’ Lesage, Delaplace explicitait encore sa mission. Il estime que la VRT doit montrer davantage les valeurs que défend le service public. "Beaucoup de gens se demandent ce que l’on fait à la VRT en ce moment. Nous devons souligner davantage la valeur ajoutée que la VRT représente pour le paysage médiatique flamand et réussir à construire un projet positif, tourné vers l’avenir et ambitieux pour la VRT".

Le contrat de gestion que le service public flamand doit bientôt redéfinir avec le gouvernement flamand est un élément important. "J’approuve le fait que la VRT se mettre d’accord avec le gouvernement régional sur le rôle et la valeur ajoutée du service public. J’en partage les objectifs et je suis enthousiaste. Mais nous devons voir quelles sont les meilleures façons de mener à bien ces objectifs".

Le CEO apprécie que la VRT se soit fixé un quota de musique flamande à passer sur les ondes de Radio 2, tout en estimant qu’il y a encore d’autres façons pour le service public de se différencier des autres médias. Il se dit très jaloux de l’émission "Liefde voor muziek" (‘L’amour de la musique’) sur la chaine privée VTM, où des artistes flamands de tous genres musicaux interprètent des morceaux des autres.

Des économies à réaliser

En décembre dernier, le personnel de la VRT est descendu dans la rue après que le gouvernement flamand lui ait annoncé d’importantes économies à réaliser. Frederik Delaplace estime que ces économies de doivent pas entraver l’avenir de la VRT.

"La VRT n’est vraiment pas la seule dans le monde des médias qui doive trouver comment faire encore mieux avec moins de moyens. Je suis réellement convaincu que la VRT possède suffisamment de moyens financiers pour être et rester un service public de qualité".

Delaplace n’envisage à priori pas de licenciements au sein de l’entreprise publique. "Mais il va falloir changer beaucoup de choses. C’est aussi le cas pour nos collègues du secteur commercial et ceux d’autres services publics en Europe. Les médias et leur consommation changent à tel point pour l’instant que si nous restons immobiles nous nous rendons insignifiants", concluait Frederik Delaplace.

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