Hausse des agressions envers les cyclistes ? "Un bon cycliste est un cycliste mort"

Selon des informations du site bruxellois néerlandophone BRUZZ, plusieurs incidents ont été signalés ces derniers jours dans la capitale, lors desquels des cyclistes ont eu affaire à des automobilistes agressifs. D’après les organisations de cyclistes, la violence envers les personnes à vélo est de plus en plus récurrente. Il existe d’ailleurs des pages Facebook sur lesquelles les messages de haines sont nombreux. On peut y lire des commentaires tels que "un bon cycliste est un cycliste mort", ou encore "je renverse les cyclistes et descend uniquement pour contrôler qu’ils ont vraiment mal". 

Sur son compte Twitter, l’organisation bruxelloise pour plus de sécurité routière ‘Heroes for Zero’ dénonce les messages de haine publiés sur les réseaux sociaux. Des captures d’écran prises sur un groupe Facebook bruxellois démontrent ainsi l’agressivité de certains membres envers les cyclistes. 

Dans ces groupes, on peut en effet lire différents commentaires comme : "Le premier cycliste qui joue le guignol embrassera mon pare-brise", "Je roule dessus et je refais une marche arrière pour vérifier que le boulot est bien fait…", ou encore "J’en vois un toucher ma bagnole… je le traine sur des kilomètres."

Pieter Fannes, de ‘Heroes for Zero’, s’inquiète : "Ce genre de discours est inquiétant. Nous craignons que la légitimité mène à de l’agression dans le monde réel". 

Le gestionnaire de l’une de ces pages Facebook a fait savoir que celle-ci comptait 16.000 membres, et qu’il était impossible de modérer toutes les réactions. Il condamne toutefois le partage de messages agressifs et haineux. 

Pas de chiffres, mais un sentiment réel

L’union des cyclistes a le sentiment que la violence envers les cycliste est en augmentation ces derniers temps. Il n’existe toutefois pas de chiffres concrets pour prouver cette affirmation. "Nous pouvons uniquement nous baser sur les plaintes déposées à la police", indique Wies Callens. "Mais la plupart du temps, aucune plainte n’est déposée, surtout lorsqu’il ne s’agit pas de violence physique, mais bien de menaces ou d’agressions verbales". 

D’après Wies Callens, la raisons de ces agressions est liée au fait que la "voiture reine" doit de plus en plus faire place aux usagers faibles. "Certains automobilistes trouvent qu’on les prive de leur place". 

"La frustration engendre de l’agressivité"

D’après les sondages de l’organisation automobile Touring, les cyclistes ne constituent pas les principaux mécontentements des automobilistes. "La plupart des conducteurs s’énerve surtout sur les autres conducteurs", souligne le porte-parole Danny Smagghe. 

Ce dernier comprend toutefois la frustration des automobilistes lorsque la bande d’une route très fréquentée fait place à une piste cyclable. "Je peux m’imaginer que cela mène à des frustrations, et généralement les frustrations engendrent souvent de l’agressivité dans le trafic routier. Cela doit donc être évité", commente-t-il. 

"Une minorité de conducteurs"

Pieter Fannes perçoit malgré tout une certaine évolution positive dans la capitale. "Je roule à vélo depuis plus de 10 ans à Bruxelles. On remarque qu’il y a toujours plus d’infrastructures et de vélos sur les routes. On constate aussi que de nombreux automobilistes s’y sont adaptés et se montrent courtois. Seule une minorité refuse d’accepter que les cyclistes ont également le droit à de la place", conclut-il. 

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